La berge aux piétons

 

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Hier était le premier jour de fermeture de la berge, rive gauche entre pont de l’Alma et pont Royal, aux voitures. Le projet est un nouveau Paris plage, qui sera une zone piétonne ou les parisiens trouveront divers commerces.

Sur place, à 17 heures, les rives ne sont toujours pas bloquées par les bouchons annoncés par la presse et certains politiques contre le projet. Quelques ouvriers sont là et commencent le travail. Du sable en abondance et des barrières vertes et grises bordent la Seine derrière le pont de l’Alma. L’accès est bel et bien condamné pour les automobilistes et les piétons. Un homme sur son vélo, qui s’est un peu trop approché du chantier, est gentiment renvoyé vers le haut de la rive. « Je me promène rarement par là, mais par curiosité j’ai sauté sur mon vélo et je suis venu voir le décor » dit-il. Quelques parisiens se sentent vraiment concernés par ce nouveau projet du gouvernement. L’avis est tout de même très partagé. « Il y aura encore plus de touristes ici, comme si il n’y en avait pas assez » s’énerve un riverain. Certains ont peur des bouchons prévus, « même si aujourd’hui le trafic est fluide sur la rive il faudra s’attendre à des bouchons assez importants » s’inquiète une femme qui monte dans sa voiture. Des Parisiens de passage ne semblent pas au courant des travaux et posent des questions à propos de ce projet. « Je viens de voir qu’il y a travaux, qu’est ce qu’il va y avoir ? » s’interroge un homme. Deux chauffeurs de cars de touristes prennent leur pause autour d’un café. Les deux hommes craignent « la Bérézina » sur la route de la tour Eiffel. « Il va falloir compter une heure pour arriver jusqu’à la tour Eiffel ! On ne veut pas faire le tour pour y aller. » crient-ils. Les Parisiens ne peuvent tout de même pas en parler sans penser au bien que cela pourrait faire à la capitale, l’air pur que le projet pourrait leur apporter et aux balades au bord de la Seine. « J’ai deux petits enfants qui vivent en province, je pourrais les emmener se promener à cet endroit, ce sera plus agréable que de marcher sur les Champs Elysées avec le bruit des voitures et la pollution ». Le temps passe, et toujours aucun embouteillage en vue. Les voitures circulent tranquillement au dessus de la Seine. « Regardez, absolument aucun embouteillage ! », il reste donc quelques parisiens positifs qui apprécient le nouveau projet. « A Paris, on est en retard, à Londres, Amsterdam, et dans quelques villes en Allemagne, il y a déjà des tas de rues comme ça où l’on n’a pas l’impression d’être dans un grand milieu urbain ! » dit un homme assis sur un banc de la rive qui soutient le projet et admire l’intérêt écologique du gouvernement.

Ce projet économique et écologique divise. La peur des bouchons et d’une arrivée en masse de touristes ou le plaisir de se balader dans un air pur, le projet le plus important pour les parisiens est d’apprendre à vivre sans voiture.

Êtes vous pour ou contre le projet de réhabilitation de la rive gauche inférieure parisienne ? 

Anissa, 27 ans, caissière aux Bateaux-Mouches. Oui. Je pense que ce projet va donner un aspect plus attirant aux quais de Seine. C’est toujours sympa de s’y balader, et ça sera encore plus agréable après ces travaux. Comme nous sommes situés en face de la berge, nous aurons plus de visibilité et donc peut-être un peu plus de clientèle qui se laisseront tenter par un tour de bateau sur la Seine.

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Etienne, 36 ans, riverain proche du Pont de l’Alma. Non. Ça va être le bordel ! Une grande partie des Parisiens utilisent leur voiture, et j’en fais partie, et en ont déjà ras-le-bol des embouteillages incessants. Certes, des commerces vont être créés et ça sera sûrement un peu plus beau qu’une vulgaire route, mais je reste fermement opposé à ce projet car il y aura beaucoup moins de calme, notamment à cause des touristes. Je préfère encore le son des pots d’échappements que des cris à longueur de journées et des gens alcoolisés la nuit.

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Dominique, 49 ans, fonctionnaire de police. Oui. Ca ne me gêne pas ! Au contraire, Paris a besoin de respirer et d’avoir des endroits « verts ». Je ne suis pas concerné par ces problèmes de trafic, je n’utilise pas ma voiture pour venir à Paris. Je comprends les automobilistes en colère, mais nous avons un réseau de transports en commun très développé qu’il faut utiliser ! Et puis cela me permettra d’emmener mes enfants visiter les berges !

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Le groupe UMP râle au Conseil de Paris. Dans un communiqué publié aujourd’hui, le parti de l’opposition invoque des « embouteillages dantesques, du bruit et de la pollution qui auront tôt fait de gâcher le plaisir de quelques promeneurs et de nuire un peu plus à l’attractivité de la capitale ». Début 2012, alors Premier Ministre de l’ère Sarkozy, François Fillon posait son véto sur le projet de « piétonnisation » des berges rive gauche. Bertrand Delanoë n’avait d’autres choix que de reporter la proposition au printemps 2012, après les élections. Finalement autorisé par Jean-Marc Ayrault depuis l’élection de François Hollande, le projet a pour ambition de remplacer le goudron par un espace de plus de 4 hectares consacrés à la nature, au sport et à la culture.

Repères :

Depuis 2001, le trafic routier a baissé de 25% dans Paris intra-muros. La Mairie de Paris espère baisser ce taux de 10% d’ici à 2018.

Jusqu’à 2000 automobilistes par heure utilisent à partir d’aujourd’hui la partie haute de la rive gauche des quais de Seine.

– La ville de Paris a investi 40 millions d’euros dans ce projet.

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