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Un tiers des français croît au retour du nazisme

C’est parti pour un point Godwin inévitable. L’arrivée au pouvoir d’un parti répondant du nazisme dans un pays européen, 34% des personnes interrogées le croient possible, selon un sondage Metro/Ifop en date du 30 janvier 2012. Dans un contexte de crise économique et de doutes sur les capacités des classes politiques à y faire face, est-ce une peur justifiée ? Analyse.

Il y a tout juste 80 ans, Adolf Hitler était nommé chancelier en Allemagne. S’en est suivi l’une des périodes les plus sombres de l’Histoire. La montée au pouvoir du Führer, élu démocratiquement, succède à la crise économique de 1929 d’une ampleur sans précédent. Les partis d’extrême droite peuvent sembler constituer un refuge en contexte de crise, pour les électeurs qui ne savent plus à quelle classe politique s’identifier. Les enseignements du passés seront-ils suffisants pour éviter un retour au nazisme ? La triste ascension des partis néo-nazis de Jobbik, en Hongrie, et d’Aube Dorée, en Grèce, laisserait à penser le contraire. Crise, contexte de délinquance, incapacité des politiques à faire face aux clivages sociaux, xénophobie dans certains pays sont autant de paramètres expliquant la montée fulgurante de ces partis politiques.

La haine ethnique du Jobbik en Hongrie

Parti institutionnalisé et organisé, le Jobbik a fait son entrée au Parlement hongrois en 2010 avec 16% des voix. Ce parti dénonce les minorités comme responsables des malheurs des Hongrois et préconise la ghettoïsation des Roms et des Tziganes. À cela s’ajoute un fort antisémitisme – avec des affiches telles que « A mort les juifs » dans les rues des grandes villes – une propagande qui conduit le parti à se déclarer sur le plan international pro-Hammas et pro-Iran. Ce mouvement, qui plaide pour le retour des valeurs chrétiennes, de la famille et de l’autorité, se référant parfois aux symboles d’une formation fasciste pronazie hongroise des années 1930, a aussi envoyé trois députés européens à Strasbourg. La stratégie du mouvement est de monter en épingle un fait-divers afin de raviver les tensions ethniques. Ainsi le Jobbik veut se placer en seul défenseur et protecteur des « honnêtes Hongrois » contre cette « criminalité Tzigane et Rom ».

En Grèce, l’Aube Dorée a 18 députés

En Grèce, pays endetté et ravagé par la crise économique, le parti d’extrême droite, Aube Dorée, a obtenu au Parlement grec en juin 2012 7% des voix et 18 députés. Surfant sur la misère sociale, le mouvement, considéré dans le pays comme « néo-nazi », est la troisième force politique du pays. L’Aube Dorée prône une idéologie nationale-socialiste décomplexée, adoptant de façon troublante les symboles du IIIe Reich. Ne serait-ce que son emblème, un symbole grec aux faux airs de croix gammée, ou le salut des militants, main tendue vers l’horizon. Le mouvement se caractérise par une idéologie largement dominée par une rhétorique anti-immigration et xénophobe, à laquelle s’est désormais ajoutée la lutte contre l’austérité, imposée par les créanciers internationaux, le FMI et l’UE. Coutumier des actions violentes, le groupe est organisé en milice et certains de ses militants patrouillent le soir, notamment dans le centre d’Athènes et dérapent souvent en passant à tabac des migrants. Parmi ces multiples agressions xénophobes, on peut citer l’assassinat au couteau par cinq personnes d’un jeune Iranien de 19 ans sortant d’une mosquée le 12 août dernier à Athènes, l’attaque nocturne de cinq pêcheurs égyptiens par vingt personnes ou encore l’attaque d’un cuisinier albanais en août dernier.

« L’Europe a trop connu les dangers du nazisme pour être tenté d’y retomber »

Selon Xavier Roux, docteur en géopolitique, « l’Europe a trop connu les dangers du nazisme pour être tenté d’y retomber ». Il considère que les poussés de mouvements d’extrême droite sont normales car elles expriment le mécontentement d’une population qui se sent délaissée par les pouvoirs politiques. En revanche, ces groupes nationalistes sont à craindre si on les ignore, estime-t-il. « À terme, ce retour vers l’excès de terrorisme intellectuel peut être une menace car il émane d’une génération qui n’a pas connu la seconde guerre mondiale et qui n’a donc pas connu l’ampleur de ses atrocités ».

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