Andreff : « La mort à long terme des compétitions internationales »

Interview de l’économiste Wladimir Andreff à propos de l’économie du Paris-Saint-Germain version qatari. 

Sur le plan économique, quelle est l’utilité de la Ligue des Champions dans un club comme le PSG ?

Wladimir Andreff : La Ligue des Champions rapporte entre 10 et 20% du budget total d’un club à celui-ci. Pour le PSG, à la vue de leur budget astronomique, le gain ne doit pas dépasser les 10%. L’enjeu de cette compétition pour le Paris Saint-Germain est plus d’ordre notoire. En accédant par exemple dans le dernier carré de la Ligue des Champions, le club s’affirmera comme une puissance du foot, ce qui boostera le merchandising et le sponsoring.

Selon RMC, la DNCG tablerait sur un déficit compris entre 150 et 200 millions d’euros à la fin de l’année, qu’en pensez-vous ?

W.A : Je ne sais pas si ces chiffres sont vrais, mais s’ils le sont je ne serais pas étonné. Tous les grands clubs européens comme le FC Barcelone ou Manchester United sont surendettés. Le problème se pose surtout quant au fair-play financier qui sera mis en place en Juin 2013.

Justement, comment le PSG va-t-il s’en tirer avec ce nouveau dispositif ?

W.A : Le fair-play financier doit imposer aux clubs de ne pas être en déficit. Si le club affiche un déficit conséquent, plusieurs sanctions seront mises en place allant jusqu’à la disqualification des compétitions européennes. Pour moi, c’est le meilleur moyen d’imposer aux clubs de ne pas être dans le rouge sur le plan économique. L’UEFA autorise le renflouement des caisses par un investisseur à hauteur maximale de 45 millions d’euros. C’est pour cela que la direction qatarienne du PSG va réussir à contourner la règle en obtenant un contrat de sponsoring venant du Qatar juteux qui lui rapportera environ 100 millions d’euros par an.

En quoi consiste le plan d’investissement massif du Qatar ?

W.A : La stratégie qatarienne a été établie il y a une quinzaine d’années. Le but est de préparer l’après-pétrole en remplaçant cette source majeure de revenus par le tourisme et le sport à l’échelle mondiale notamment via le fond d’Etat qui a racheté le PSG (ndlr : QSI). Tout cela permettra à ce pays de montrer qu’il est une grande puissance mondiale.

Sur le plan sportif, comment le Qatar compte-t-il dominer les débats ?

W.A : Le Qatar s’investit sur tous les plans sportifs possibles et imaginables. Ils veulent par exemple obtenir des médailles olympiques. Cependant, on le sait tous, les sportifs qataris sont loin d’être les meilleurs au monde. C’est pour cela qu’au Qatar, on peut se faire naturaliser en seulement quinze jours. De ce fait, l’équipe olympique du Qatar peut se parer d’athlètes beaucoup plus performants et avoir des chances pour glaner des titres.

Cela ne pose-t-il pas un problème d’éthique sportive ?

Si totalement ! Le CIO (ndlr : Comité International Olympique) s’était déjà posé la question il y a peu, ce système peut causer sur le long terme la mort des compétitions d’équipes nationales. Où serait le principe de présenter une équipe nationale avec que des joueurs étrangers dedans ? De plus, un autre problème se pose, celui du suspens. Par exemple en France, les gens risquent de plus en plus se désintéresser des petits matchs vu que l’on est sûrs de qui va gagner. Il y aura moins de public au stade, moins de téléspectateurs, et donc moins de revenus.

Le tirage au sort des huitièmes de finale de la Ligue des Champions a lieu aujourd’hui à Nyon (Suisse). La direction qatarie du Paris Saint-Germain vise cependant encore plus large pour réaliser leur gigantesque projet financier. Interview de l’économiste Wladimir Andreff. 

Sur le plan économique, quelle est l’utilité de la Ligue des Champions dans un club comme le PSG ?

Wladimir Andreff : La Ligue des Champions rapporte entre 10 et 20% du budget total d’un club à celui-ci. Pour le PSG, à la vue de leur budget astronomique, le gain ne doit pas dépasser les 10%. L’enjeu de cette compétition pour le Paris Saint-Germain est plus d’ordre notoire. En accédant par exemple dans le dernier carré de la Ligue des Champions, le club s’affirmera comme une puissance du foot, ce qui boostera le merchandising et le sponsoring.

Selon RMC, la DNCG tablerait sur un déficit compris entre 150 et 200 millions d’euros à la fin de l’année, qu’en pensez-vous ?

W.A : Je ne sais pas si ces chiffres sont vrais, mais s’ils le sont je ne serais pas étonné. Tous les grands clubs européens comme le FC Barcelone ou Manchester United sont surendettés. Le problème se pose surtout quant au fair-play financier qui sera mis en place en Juin 2013.

Justement, comment le PSG va-t-il s’en tirer avec ce nouveau dispositif ?

W.A : Le fair-play financier doit imposer aux clubs de ne pas être en déficit. Si le club affiche un déficit conséquent, plusieurs sanctions seront mises en place allant jusqu’à la disqualification des compétitions européennes. Pour moi, c’est le meilleur moyen d’imposer aux clubs de ne pas être dans le rouge sur le plan économique. L’UEFA autorise le renflouement des caisses par un investisseur à hauteur maximale de 45 millions d’euros. C’est pour cela que la direction qatarienne du PSG va réussir à contourner la règle en obtenant un contrat de sponsoring venant du Qatar juteux qui lui rapportera environ 100 millions d’euros par an.

En quoi consiste le plan d’investissement massif du Qatar ?

W.A : La stratégie qatarienne a été établie il y a une quinzaine d’années. Le but est de préparer l’après-pétrole en remplaçant cette source majeure de revenus par le tourisme et le sport à l’échelle mondiale notamment via le fond d’Etat qui a racheté le PSG (ndlr : QSI). Tout cela permettra à ce pays de montrer qu’il est une grande puissance mondiale.

Sur le plan sportif, comment le Qatar compte-t-il dominer les débats ?

W.A : Le Qatar s’investit sur tous les plans sportifs possibles et imaginables. Ils veulent par exemple obtenir des médailles olympiques. Cependant, on le sait tous, les sportifs qataris sont loin d’être les meilleurs au monde. C’est pour cela qu’au Qatar, on peut se faire naturaliser en seulement quinze jours. De ce fait, l’équipe olympique du Qatar peut se parer d’athlètes beaucoup plus performants et avoir des chances pour glaner des titres.

Cela ne pose-t-il pas un problème d’éthique sportive ?

Si totalement ! Le CIO (ndlr : Comité International Olympique) s’était déjà posé la question il y a peu, ce système peut causer sur le long terme la mort des compétitions d’équipes nationales. Où serait le principe de présenter une équipe nationale avec que des joueurs étrangers dedans ? De plus, un autre problème se pose, celui du suspens. Par exemple en France, les gens risquent de plus en plus se désintéresser des petits matchs vu que l’on est sûrs de qui va gagner. Il y aura moins de public au stade, moins de téléspectateurs, et donc moins de revenus.

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