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Décryptage de la campagne présidentielle avec Pujadas et Apathie

A l’aube de la Présidentielle, deux journalistes politiques, David Pujadas et Jean-Michel Apathie étaient invités à débattre et à répondre aux questions des élèves de l’EFJ et de l’EFAP. Animé par Christine Kelly, ex-membre du CSA, ce débat s’articulait autour des médias et de la politique.

A deux jours du premier tour des présidentielles, les questions des étudiants étaient centrés sur le rôle des médias et des sondages dans l’opinion publique et plus globalement dans la politique. Véritable outil d’opinion, les sondages sont très présents en période d’élections. Cependant, son rôle est souvent critiqué par certains. En effet, il influencerait les votes et son interdiction à un mois de la fin des élections a été suggérée. Mais pour Jean Michel Apathie, « interdire les sondages, c’est se méfier de la modernité « . Selon lui,  » nous ne vivrions pas mieux sans les sondages « . David Pujadas complète la vision de son homologue en défendant l’importance des sondages.  » L’opinion est autonome, le vote échappe aux sondages et aux médias. Les sondages ne sont donc qu’une photographie de l’opinion public  » répond le journaliste politique de France 2. Par ailleurs, les sondages sont souvent décrits par certains détracteurs comme un moyen de manipuler les foules. Cependant, David Pujadas estime que  » la multitude des instituts de sondages empêchent ces manipulations « . Et pour cette élection présidentielle de 2017, tous les instituts de sondages révélaient à quelques différences près les mêmes résultats. Avec un groupe de 4 devant qui se détachait (Macron, Le Pen, Fillon et Mélenchon) et Hamon juste derrière.

Par ailleurs, la question du rôle des médias dans l’opinion publique revient aussi en période d’élections. Pour les deux journalistes politiques présents à ce débat, l’objectivité n’existe pas. Mais il faut savoir rester le plus neutre possible lorsque nous couvrons des élections. Animant les débats présidentiels et les émissions politiques, David Pujadas est au cœur de cette couverture médiatique.  » Il ne faut pas faire de différence de traitement entre les candidats  » estime David Pujadas. Il continue en affirmant  «  qu’il y a un équilibre à trouver entre traiter les programmes de chacun et les affaires concernant certains candidats (Le Pen et Fillon) « . Quant à Jean Michel Apathie, il nous a révélé qu’il votait blanc à chaque élection depuis 1988. Selon lui, un journaliste politique comme il est, ne doit pas interviewer un candidat pour qui il a voté ou qu’il n’a pas voté. Toutefois, cette présidentielle de 2017 a été très suivie par les français. Mais pour David Pujadas,  » les affaires n’attirent pas forcément plus d’audience, elles ont faits auprès des français un effet de sidération « . Il conclut cette interrogation en affirmant que « cette présidentielle a été d’un bon niveau « . Un avis que Jean Michel Apathie ne partage pas.

Pour conclure ce débat, les deux journalistes ont conseillés aux étudiants présents à ce débat de penser par soi-même et d’aiguiser sa curiosité.  En effet, David Pujadas estime que « le problème du journalisme aujourd’hui, c’est le conformisme et le suivisme « .

 

L’inquiétant programme économique de Trump

L’élection de Donald Trump à la tête des Etats Unis marque un tournent fondamental dans l’organisation politique du pays et notamment dans le domaine économique.  Un programme économique ultra-libéral, isolationniste et protectionniste aura à coup sûr d’immenses conséquences économiques pour le pays et le monde entier…

« Nous allons doubler notre croissance et avoir l’économie la plus forte du monde ». Voici les promesses du 45ème président des Etats Unis lors de son discours de victoire, prononcé mercredi 9 novembre.  En effet, Donald Trump promet 3,5 % à 4% de croissance par an. Cependant, son  programme économique empli de contradictions inquiète les experts.

Alors, comment Donald Trump compte- il relancer l’économie du pays ? Tout d’abord, le républicain centre sa stratégie sur l’Amérique afin de se concentrer sur ses propres intérêts. Par ailleurs, il souhaite réduire le taux d’impôts des plus riches, passant de 39 à 33%.  Pour les ménages les plus pauvres, il compte augmenter le salaire minimum à 10 dollars contre 7.25 aujourd’hui.  Dans son programme, Trump voulait abolir le plus vite possible la loi sur l’assurance maladie Obamacare mais après son élection, il est revenu sur sa décision et ne veut que la réformer. Son programme électoral s’appuie aussi sur la réduction des dépenses publiques de 750 milliards de dollars et sur la déréglementation afin de réduire les taxes sur les entreprises. Ces mesures permettront selon lui de créer 25 millions d’emplois sur 10 ans et d’améliorer la compétitivité des entreprises américaines.

Sur le plan commercial,  Donald Trump prône la suprématie de son économie, dans les échanges internationaux. En effet, le président républicain est profondément isolationniste.  Il compte remettre en cause des traités dans lesquels les Etats Unis jouent un grand rôle comme l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou le Fond Monétaire International (FMI). Les  traités commerciaux avec les pays d’Asie-Pacifique, le Trans-Pacific-Partnership (TPP) et avec l’Europe, le traité de libre-échange transatlantique (Tafta) actuellement en négociations risquent de ne pas aboutir. De plus, il compte renégocier le traité de libre-échange nord-américain (Nafta).  Par ailleurs, pour Donald Trump, la Chine est responsable de près de la moitié du déficit commercial américain. Ainsi,  des droits de douanes de 45% pour les produits chinois et de 35 % pour les produits mexicains entreront en vigueur.

Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis, avance que le programme économique de Donald Trump permettra « une hausse significative des importations ». Ainsi, même si les importations viennent à augmenter, la baisse des exportations conduira à une diminution de la balance commerciale des Etats Unis. Il n’exclut pas non plus une « récession globale » dans le monde suite à son élection.

Toutes ces propositions semblent difficiles à instaurer pour Donald Trump. En effet,  les contradictions de ce programme économique et les promesses du nouveau président laissent perplexes les experts.