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Grim Dawn : une nouvelle ère ?

Le hack’n slash est un genre vidéoludique souvent oublié, malgré ses très nombreuses accointances avec les Role-Playing Game, et est souvent considéré comme un sous-genre des ARPG (Action Role-Playing Game, comme Dark Souls, ou The Witcher). Grim Dawn, l’un des dernier titre de type hack’n slash à être sorti peut-il donner un coup de souffle à son genre ?

Qu’est-ce que le hack’n slash ?

C’est tout bonnement un type de jeu mettant l’action, et surtout les combats en temps réel au cœur du gameplay, tout en y ajoutant des éléments de jeu de rôle, tel que l’exploration de donjons, dont certains sont générés de façon procédurale. Pour décrire de façon brute ce qu’est le principe de base du hack’n slash, c’est le « porte-monstre-trésor » des jeux de rôles.

Parmi les jeux des plus connus issus de ce genre, on compte les Baldur’s Gate, Hellgate London, mais surtout la trilogie des Diablo, raison pour laquelle on définit souvent le hack’n slash sous le pseudo de « Diablo-like« .

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Le célèbre logo de Diablo

Avant tout, sachez que les expériences de l’auteur de cet article en matière de hack’n slash sont Diablo et Silverfall et que ces jeux lui serviront d’échelle de comparaison avec Grim Dawn.

Autour du jeu

Si Crate Entertainment annonça le début du développement du jeu le 21 janvier 2010, il avait d’ors et déjà annoncé l’acquisition du moteur du jeu Titan Quest (un autre hack’n slash) auprès d’Iron Lore Entertainment fin juillet 2009.
L’un des nombreux points à souligner autour de Grim Dawn est qu’il passa par la case « crowdfunding », via Kickstarter (après avoir reçu d’ors et déjà de nombreux dons de la part de fans), à partir du 17 avril 2012, atteignant au final la somme de 537 515 dollars, soit près du double de la somme espérée au départ.

Une version alpha fut publiée via le Early Access de Steam le 16 mai 2013 et fut régulièrement mis à jour. En juillet 2015, la version fut devenue stable et mature et le jeu connut sa sortie définitive sur Steam le 26 février 2016. Le jeu est actuellement sous sa version 1.0.0.6 (MàJ du 5 octobre 2016). Le jeu est officiellement en anglais, mais l’on a accès à une traduction des textes en français, la communauté française étant l’une des plus à jours et parviennent à avoir une traduction complétée à 100% au fur et à mesure des mises à jour.

Le jeu se situe dans le monde fictif de Cairn, à une époque mélangeant le style victorien et le steampunk, plongeant le joueur dans des paysages somme toutes variés, mais cohérents dans leur ensemble.

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Carte de Grim Dawn

On traverse ainsi des champs, des landes désertiques, des villages en ruines et de sombres cavernes, tout en fauchant (littéralement) les hordes de monstres qui nous font obstacle, tout en découvrant petit à petit les tenants et les aboutissants de Grim Dawn.

Grimdark & Grim Dawn

Le grimdark est une façon de décrire une fiction (généralement de la fantasy) avec un ton sombre, amoral voire dystopique. L’appellation vient du jeu de plateau stratégique Warhammer 40K, et sa présentation :

« In the grim darkness of the far future, there is only war. »

Ce qui, dans sa version française, donne :

« Dans les sinistres ténèbres d’un lointain futur, il ne règne que la guerre. »

Et il faut l’admettre, la narration de Grim Dawn entre parfaitement dans la catégorie Grimdark. La race humaine est littéralement au bord de l’extinction, tandis qu’Ethérés et Chtoniens se font une guerre sans merci afin de s’approprier la suprématie sur les Humains, cherchant à les posséder ou à les transformer en ressources. L’avatar du joueur dans le monde Cairn est ainsi plongé dans une lutte pour la survie, sans merci aucune, tandis qu’il aide ses semblables à retrouver leurs marques et à reprendre leurs terres.

Diablo-like ou non ?

Une très bonne question, puisque de nombreux joueurs décrivent (assez simplement) le jeu comme étant « un Diablo avec des flingues« . Tout comme Diablo possède Tristram, le « hub » de Grim Dawn est le Passage du Diable, où l’on a l’opportunité d’envoyer des PNJ rencontrés au cours de l’aventure, certains pouvant être utile en proposant leurs services de marchands ou de forgerons.

On trace son chemin à travers des hordes ennemies, tout en gérant sa barre de point de vie et celle d’énergie (mana), on entre dans des donjons, ou de petites cavernes afin de battre un boss, tout en affrontant de temps à autre des monstres « élites », possédant un petit signe au-dessus d’eux, parfois même un nom afin de les distinguer des autres monstres dans la mêlée.

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Mais en fin de compte, la comparaison s’arrête là. Certes, l’histoire est découpée en Actes et en Chapitres, mais l’on n’a pas de cinématique nous permettant de les distinguer réellement, et c’est au joueur de parvenir à faire la distinction.

Pour partir sur un autre jeu, Grim Dawn possède quelques similitudes avec Silverfall, comme une conception proche de l’open-world, permettant de pratiquer le back-tracking au fur et à mesure de l’aventure, afin de revenir au hub ou pour farmer les composants nécessaires à la création ou l’amélioration de l’équipement de notre avatar.

De plus, on a accès à un système de factions, offrant un accès privilégié à des objets spéciaux chez certains marchands des factions alliées, au prix du mépris ou de la haine des factions adverses, ce qui rejoint en cela le système de Silverfall, où nos actions nous offraient un choix entre la Nature et la Technologie, et l’accès à des équipements particuliers en fonction de nos choix.

Mais continuer à comparer ainsi, ce serait supposer que Grim Dawn n’est qu’un rip-off des hack’n slash d’ors et déjà existants, alors qu’il s’agit d’un jeu puisant ses inspirations de bien des façons.

En effet, Grim Dawn propose, en plus de son univers mélangeant le steampunk et l’époque victorienne, des éléments ayant leurs places dans des écrits lovecraftiens. Entre les sombres desseins des factions antagonistes (Ethérés et Chtoniens) concernant la race humaine, et les expérimentations visant à son contrôle, aidé par des cristaux, on retrouve un univers somme toute assez proche des péripéties rencontrées dans les parties de L’Appel de Cthulhu. Mais avec l’assurance de s’en sortir vivant un peu plus souvent…

Comme si cela ne suffisait pas, et pour reprendre les propos déjà évoqués dans l’article concernant les open-worlds,  l’histoire de l’univers est extrêmement riche, et on la découvre au travers des dialogues avec les PNJs, ou en lisant les diverses notes éparpillées dans le monde et notamment via les pages du Journal de l’Inquisiteur Creed, un homme qui se trouve au cœur de bien des événements dans le jeu, et qui semble précéder les pas du joueur de quelques semaines seulement, au vu des péripéties qu’il relate.

Une nouvelle ère pour le hack’n slash ?

Une question que l’on peut légitimement se poser. Ne serait-ce que sur Wikipédia (entendez par-là « la source d’info n°1 de tout collégien/lycéen/étudiant qui se respecte« ), le hack’n slash ne comporte « qu’une » vingtaine de jeux, et sur ces derniers, ceux dont on se souvient (relativement bien) sont Baldur’s Gate : Dark Alliance (et sa suite), Dungeon Siege, Sacred et la série Diablo. Parmi ces jeux-là, seule la franchise Diablo se démarque réellement, et ce en grande partie grâce à Activision Blizzard, qui possède entre autre Blizzard Entertainment.

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En face, Crate Entertainment, qui fut fondé par des anciens membres du studio Iron Lore Entertainment quand ce dernier fut fermé pour ne pas avoir pu réunir assez de fond pour son prochain projet, n’a sorti que Grimdawn, après un développement qui prit près de 6 ans (à compter du moment où le jeu fut officiellement annoncé, soit le 21 janvier 2010). Très concrètement, ne serait-ce qu’en terme de poids véritable au sein de l’industrie vidéoludique, Crate Entertainment est écrasé par Blizzard, mais ce n’est pas là le propos de cette section.

L’intérêt est de savoir si la sortie de Grim Dawn permettrait de donner un nouveau souffle au genre du hack’n slash, assez souvent catégorisé comme une autre appellation du beat them all. Très concrètement, on peut l’espérer. Il s’agit d’un genre qui persiste depuis la sortie de Dragon Slayer, un des précurseurs, en 1984. De nos jours le genre, avec ses codes bien ancrés tel que la vue isométrique et les hordes de monstres sans fin, semble s’essouffler, malgré le succès de Diablo III. En face du hack’n slash classique, on oppose assez aisément les RPG à succès tels que Fallout, les Darksiders et l’on en passe, qui proposent bien plus souvent une vue et des contrôles plus immersifs que le hack’n slash moyen, qui recoure généralement à une vue isométrique et un système de point’n click.

Malgré cela, la sortie de Grim Dawn confirme qu’il s’agit d’un genre qui continue d’exister, tout en proposant des univers variés aux joueurs. Mais la question se pose : va-t-on avoir un regain d’intérêt pour le hack’n slash uniquement quand Blizzard (ou un studio de même importance) sort un jeu classé dans ce genre ?

C’est à craindre, à moins qu’il ne vienne à l’esprit des développeurs provenant de studios « mieux côtés » de faire une tentative en ce sens, tout en cherchant à proposer des innovations permettant d’améliorer l’expérience des joueurs.

L’avis du Tatu

Un assez bon jeu. Certes, je préfère largement Silverfall (ce qui a dû se sentir plus haut dans le texte), mais Grim Dawn a quelques qualités fort appréciables : le système de crafting est assez facile à prendre en main, même si le farming, au départ assez lent, rend la démarche fastidieuse.

Toutefois, l’univers est assez bien rendu, on a de nombreuses possibilités d’évolutions, notamment en ayant accès à une seconde classe une fois le niveau 10 atteint. A raison d’actuellement 6 classes de disponibles, on a accès à une trentaine de combinaisons possibles, que l’on peut ajuster à sa guise durant notre partie.

L’histoire en elle-même est intéressante, même s’il est nécessaire de creuser un peu par soi-même pour découvrir la vérité derrière « l’Aube Sinistre ». Les décors sont beaux, pour peu que l’on prenne le temps de les regarder, et l’on sent, de la part des développeurs, une volonté de créer un environnement cohérent, mais qui parvient tout de même à surprendre le joueur.

Apparemment, il est possible d’y jouer à plusieurs, à l’instar de Diablo, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de tester la fonctionnalité en question.

Ma note : 17/20.

Il est pour vous si :
– Vous avez toujours rêvé de pouvoir manier des revolvers et des arquebuses dans Diablo
– Votre cosplay favori vient de l’Ordo Hereticus de Warhammer 40 000
– Vous aimez voir des références lovecraftiennes de temps à autre

Il n’est pas pour vous si :
– Vous préférez dérouiller Diablo avec une hache

Grim Dawn, 24,99€ sur Steam

Antoine Barré

4 réflexions sur “ Grim Dawn : une nouvelle ère ? ”

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