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ABZÛ : un univers à la fois aquatique et onirique

Le jeu ABZÛ avait été présenté pour la première fois en 2014, lors de la conférence de presse de Sony à l’E3. Il fut créé par Matt Nava, le directeur artistique des jeux Flower et surtout Journey, dont le thème principal était l’enchantement que l’on peut ressentir devant une merveille. Mais ABZÛ est-il à la hauteur de ses prédécesseurs ?

Un titre évocateur

A l’instar de Flower, dans lequel on est « incarné » par un vol de pétales de fleurs, et de Journey qui nous offre la possibilité de voyager dans un tout autre temps, le titre du jeu, ABZÛ, est un jeu de mot, en référence aux anciennes mythologies. En effet, « ab » signifie « océan », mais aussi « eau » en mazandarani, un dialecte iranien, principalement parlé dans la province de Mazandaran. Quant à « zu », cela signifie « savoir », accoler les deux mots donne « mer de connaissance », tout comme Abzu était le nom de la divinité de la mer primordiale chez les Mésopotamiens.

Un jeu à la hauteur de ses prédécesseurs.

Alors même que nous sommes au tout début de notre expansion spatiale, alors même que nous découvrons des exo-planètes proche de Proxima du Centaure, nos fonds marins restent encore largement inexplorés.

Or dans ABZÛ, et c’est une grande force de ce jeu, les fonds marins sont extrêmement beaux, biens rendus, avec des décors enchanteurs, et parviennent tout de même à conserver une part de mystère, de ténèbres et d’interrogations.

Alors, certes, ce n’est pas un No Man’s Sky avec un trillion d’écosystèmes différents et tout autant de créatures à découvrir… Mais c’est un jeu tout aussi beau, qui concentre une véritable poésie dans ses décors, tout en racontant une histoire. Car oui, ce jeu a une histoire.

Une histoire, des histoires

Il est vrai que, contrairement au personnage de Journey, l’on peut avoir du mal à s’attacher au plongeur que l’on contrôle, et ce malgré son design que l’on peut qualifier de « mignon », avec de grands yeux et des « oreilles » félines.

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Et pourtant… On finit par l’apprécier. Il est si fragile, si mince, et pourtant… Pourtant, il nage dans les jet-streams, plonge en direction de profondeurs insondables en compagnie des plus gros cétacés de notre planète, fait face à quelques dangers… Mais il ne possède pas d’histoire à proprement parler. Nous débutons au beau milieu de l’océan, avec notre personnage sortant de l’inconscience, sans savoir pour quelle raison nous nous trouvons-là, ni ce que nous sommes supposés faire.

Ce n’est qu’au milieu de l’aventure que cette mission nous apparaît… Tout en restant nébuleuse jusqu’à la toute fin. Et pendant que nous nous déplaçons à travers les formations rocheuses sous-marines et les antiques temples, nous découvrons des fresques contant l’histoire du peuple occupant autrefois les lieux :

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Mais, une nouvelle fois, tout est laissé à l’interprétation du joueur…

Les grandes réussites du jeu…

ABZÛ a, à l’instar de Journey, de magnifiques graphismes. Dans une ère où l’on tente de pousser le réalisme, dans les jeux vidéo, à l’extrême, les graphismes d’ABZÛ ont un petit côté « dessin animé » somme toute assez agréable. Les mouvements de notre personnage sont fluides, et surtout… La musique est fort bien travaillée et, même si elle ne réagit pas aux actions du joueur, contrairement à Journey, plonge tout autant dans l’ambiance que les décors dans lesquels on évolue.

Enfin, on trouve un côté Miyazaki dans ce jeu : l’on assiste à une lutte « nature contre civilisation », présent notamment dans Princesse Mononoké, mais il s’agit d’une thématique qui n’apparaît que tard dans le jeu.

… Et ses grandes faiblesses

La prise en main n’est pas facile au départ, puisque quand on dirige le joystick vers l’avant, le personnage plonge, tandis que quand on incline le joystick vers soi, il « remonte » à la surface… Le tout en maintenant la gâchette droite (RT sur Xbox, R2 sur Playstation) constamment. Il est possible à tout instant de changer le mode de déplacement, mais cela n’est pas toujours intuitif, et l’on revient rapidement au mode initial, quitte à devoir galérer à cause de cela.

Autre point (relativement) négatif : quelques passages « piégés » requérant de bons réflexes, qui ne viennent pas naturellement au joueur après avoir passé un long moment dans la contemplation.

Enfin, il est très cher, par rapport à sa durée de vie. En effet, le jeu coûte pas loin de 19€99 sur Steam… Et on peut le compléter, en prenant en partie son temps, en environ deux bonnes heures…

L’avis du Tatu

Ce jeu est une excellente surprise, fort rafraîchissante par cet été chaud, en raison de son côté immersif (on ne voit absolument pas le temps passer), le travail effectué sur le design du décor, le scénario du jeu qui offre un final des plus jouissifs et surtout la musique qui offre une ambiance enchanteresse. Bref, c’est une claque visuelle et auditive qui se démarque de bons nombres de jeux indépendants. Oui, on peut le dire sans mentir, ABZÛ est largement au niveau de Flower et surtout de Journey.
Malheureusement, et surtout en raison du rapport « durée de vie/coût du jeu », et en partie à cause des contrôles difficiles à appréhender, je le note à 17/20.

Il est pour vous si :
– Vous avez joué à Journey et l’avez aimé
– Vous êtes attirés par les profondeurs sous-marines
– Vous en avez assez de la violence vidéo-ludique et souhaitez passer un peu de temps à contempler qu’à bastonner
– Vous voulez réaliser votre rêve secret : devenir une sirène

Il n’est pas pour vous si :
– Vous êtes atteints de bathophobie (la peur des profondeurs)
– Vous préférez l’action à la contemplation
– Vous êtes traumatisé par les Dents de la Mer

Antoine Barré

4 réflexions sur “ ABZÛ : un univers à la fois aquatique et onirique ”

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