Mexican drug trafficker Joaquin Guzman Loera aka "el Chapo Guzman" (C), is escorted by marines as he is presented to the press on February 22, 2014 in Mexico City. The Sinaloa cartel leader - the most wanted by US and Mexican anti-drug agencies - was arrested early this morning by Mexican marines at a resort in Mazatlan, northern Mexico. AFP PHOTO/Alfredo Estrella        (Photo credit should read ALFREDO ESTRELLA/AFP/Getty Images)

« El Chapo », l’insaisissable

Le baron de la drogue mexicaine a une fois encore échappé aux forces de police en octobre 2015. Retour sur les évasions ingénieuses du chef du cartel de Sinaloa.

C’est dans un ranch des montagnes de l’Ouest mexicain que se cachait Joachin « El Chapo » Guzman. La semaine du 12 au 17 octobre 2015, la police mexicaine a lancé un raid nocturne, visant à capturer le narcotrafiquant le plus puissant du monde. Les Marines mexicains et la DEA ont d’abord tenté d’aborder le ranch en hélicoptère. Les hommes d’ « El Chapo » ayant ouvert le feu, c’est à pied que les forces de l’ordre ont essayé de rentrer dans la propriété. Entre temps, Guzman et ses sbires avaient pris la fuite sur des quads. Dans l’action, le baron de la drogue mexicaine se serait blessé au visage et à la jambe.

C’est déjà la troisième fois que l’homme échappe aux forces de l’ordre.

Recherché depuis plusieurs mois

Le 11 juillet 2015, « El Chapo » Guzman est enfermé dans sa cellule de la prison de la Palma, au Mexique. La vidéo de surveillance le montre, vaquant à des occupations qui semblent habituelles. Puis, soudain, l’homme se dirige vers le fond de sa cellule, et disparaît derrière un muret. Après 1 an et 5 mois d’emprisonnement, « El Chapo » vient de s’évader.

Il s’est engouffré dans un tunnel reliant sa cellule à une maison en chantier, à 1500m de là. Le passage a été creusé par ses complices, qui ont eu le temps d’y installer un système de ventilation, un système d’éclairage et même des rails permettant d’évacuer les décombres au fur et à mesure de la construction. Sur ces rails, a ensuite été installée une petite moto qui a permis sa fuite. « El Chapo » avait tout préparé.

Pourtant, l’opération qui avait mené à sa capture en février 2014, Guzman ne l’avait pas prévue. Après avoir passé 13 ans en cavale, les forces navales mexicaines, la DEA et les Marshals américains mettent la main sur l’insaisissable « courtaud » (traduction de « chapo »). Ils pénètrent la chambre d’hôtel où le roi de la drogue dort avec sa famille. Surpris en pleine nuit, il est impuissant, malgré le fusil AK-47 posé près de lui. Il était recherché depuis 2001.

 Une première évasion en 2001

La première fois que la police a mis la main sur lui, c’était en 1993, au Guatemala. « El Chapo » avait été condamné à 20 ans et 9 mois de prison et extradé au Mexique, dans un centre de détention fédéral de sécurité maximum. Les règles strictes ne lui convenant pas, l’homme s’était plaint auprès des autorités et avait été transféré dans une autre prison: « Puente Grande » (« Grand Pont »), aujourd’hui surnommée « Puerta Grande » (« Grande Porte »). Ce surnom lui est valu à cause de l’évasion, 8 ans après son enfermement, de l’enfant terrible du Mexique.

L’organisation de cette première fugue avait demandé l’implication de 78 personnes. Ironie du sort, une partie d’entre elles est aujourd’hui en prison. Francisco « El Chito » Camberos Ribera, employé de la Puerta Grande, ouvre la porte électronique de la cellule de Guzman le 19 janvier 2001. El Chapo se cache alors dans un panier à linge, que Javier Camberos, un autre employé de la prison, fait rouler jusqu’à la porte de sortie. Là, le fugitif est transféré dans le coffre d’une voiture que Camberos conduit hors de la ville. Il s’arrête alors dans une station-service. Quand il revient à sa voiture, Guzman a disparu. Pendant 13 ans, il est l’homme le plus recherché du Mexique.

L’échec de l’opération menée par les autorités mexicaines à la mi-octobre semble être un pied-de-nez au gouvernement. « El Chapo », encore une fois, a réussi à fuir. Les dates rapprochées de son évasion et de l’opération laisse cependant penser que le Mexique joue toutes ses cartes pour remettre la main sur l’insaisissable « El Chapo » Guzman.

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