Le local face à la crise Print ! – Le Républicain

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Robert Mendibure, rédacteur en chef du Républicain de l’Essonne depuis une vingtaine d’années est devenu directeur et principal actionnaire du journal depuis plus d’un an. Le Républicain, seul hebdomadaire de l’Essonne appartenant auparavant à Serge Dassault fait face lui aussi à la crise du print. Rachat du journal, changement de locaux, le journal a-t-il des problèmes financiers ? Comment le média compte s’adapter et attirer un public plus jeune ? Rencontre avec Monsieur Mendibure qui s’exprime sur l’avenir et l’économie de son journal.

Pourquoi les locaux du républicain ont-ils déménagé ? Pourquoi sont-ils passés d’Evry à Ris Orangis ?

Pour des raisons économiques. La tour d’Evry avait été conçue il y a un certain temps et était utilisée par de nombreuses d’entreprises, notamment des filiales du Républicain. En effet, le Républicain regroupait plusieurs éditons : l’Essonne et les Yvelines du 95 par exemple mais ils ont déménagé. Nous étions alors les seuls locataires du bâtiment. Il nous fallait alors des locaux plus petits pour assumer au niveau financier, être à Ris Orangis c’est plus confortable qu’à Evry.

« Lécuyer a lâché l’affaire. »

 

Le Républicain a d’abord été racheté par vous et Philippe Lécuyer de la DEF (une solution de service de système de sécurité incendie). Mais combien de part chacun déteniez-vous à l’époque ?

L’association Dassault voulait me vendre le journal mais avec quelqu’un d’autre. On m’a donc présenté une personne mais ça n’a pas marché. Dassault m’a alors confié la tâche de trouver quelqu’un. J’ai rencontré Philippe Lécuyer de la DEF, un an auparavant, il m’avait alors demandé si le Républicain était à vendre. A l’époque il ne l’était pas. Ayant gardé contact avec lui, je suis donc retourné le voir et afin de lui demander s’il était toujours intéressé. C’est pourquoi le 1er juillet 2015 Philippe Lécuyer et moi-même avons racheté le journal. La presse n’étant pas son domaine de prédilection, au bout de 6 mois, il a lâché l’affaire. Lécuyer m’a alors revendu ses part. Je suis maintenant le seul actionnaire du Républicain de l’Essonne et le seul à la tête.

Sur les réseaux sociaux vous avez peu de présence mise à part des partages d’articles, est ce volontaire de votre part ?

Le fait que nous ayons peu de présence sur les réseaux sociaux n’est pas voulue. Nous n’avons pas vraiment eu le temps de nous en occuper. J’essaie de travailler avec de jeunes journalistes, surtout au niveau rédaction pour contrer à ça. Les jeunes préfèrent les formats numériques au print. J’essaye donc petit à petit de mettre le journal au numérique car c’est l’avenir.

Nous avons constaté une baisse de vente des journaux, quelle est la raison ?

Notre public est plutôt âgé donc disparait peu à peu. De plus, l’arrivée du numérique n’aide pas. Nous sommes aujourd’hui à 8000 journaux par semaine, 50% abonnés et 50% en vente au numéro avec une diminution de 7% du chiffre d’affaire. Avant la revente du canard, Dassault envoyait de nombreux numéro gratuitement à son entourage. Depuis qu’il n’est plus là, je ne souhaite pas envoyer de numéros gratuits.

Comment faites- vous pour lutter contre cette diminution ?

Pour lutter contre cette diminution, nous essayons d’être le plus proche possible du lecteur, plus de 70% des ventes se font au sud de l’Essonne. Il faut savoir que nous sommes face à une clientèle qui est relativement âgée et cette clientèle préfère avoir un journal entre les mains plutôt qu’une tablette, un smartphone ou un ordinateur. Mais il est vrai que cette clientèle vieillie, et quand elle arrive à un certain âge, elle ne peut plus lire ou disparait. Il faut donc séduire un nouveau public. J’ai donc fais le choix d’engager des jeunes journalistes afin développer le service numérique internet, Facebook et Twitter afin d’attirer une clientèle plus jeune qui est plus à l’aise avec ce nouveau type de diffusion de l’information.

« Nous ne sommes pas à 100% de notre potentiel. »

 

Quelles sont les priorités du média pour l’année 2017 ?

La principale priorité est de ne pas perdre d’abonnés. Ensuite nous avons pour objectif 2017 de développer le service internet afin d’être plus présent et rapide au niveau information. L’hebdomadaire est contraignant, un évènement parut un jeudi ne sera dans le journal seulement le jeudi d’après. De plus, je souhaiterais faire plus de terrain et développer un peu la vidéo.

« Le journaliste d’aujourd’hui doit être plurimédia. »

 

Malgré son fidèle public, le local subit aussi une crise du print. L’objectif 2017 pour le Républicain : le numérique. Mais l’hebdomadaire ne s’arrêtera pas qu’à cela…

Camille Carrara & Jessica Mohammedi

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