Un marché des transferts de la démesure

(Article écrit en septembre 2015 dans le cadre de mes cours de Techniques de Bases Rédactionnelles (T.B.R.) à l’EFJ Paris.)

Le mercato d’été 2015 aura été celui de la surenchère au vu des sommes toujours plus grandes dépensées. A lui seul le transfert d’Anthony Martial pour 80 millions d’euros de Monaco à Manchester symbolise la tendance du toujours plus cher, plus jeune. Retour sur un marché des transferts record.

Les clubs du Big Five (Angleterre, Espagne, Allemagne, Italie, France) ont dépensé cet été 2,9 milliards d’euros lors du mercato. Avec une augmentation de 2% par rapport à 2014, le cru 2015 est le plus cher de l’histoire. À eux seuls, les clubs anglais ont injecté 1,2 milliards dans l’achat de joueurs.

C’est d’ailleurs en Angleterre que l’on trouve six des plus gros transferts de cet été. À Liverpool, les supporters ont vu arriver Benteke et Firmino pour respectivement 46,5 millions et 40 millions d’euros. Du côté de Manchester, les deux clubs de la ville, United et City, ont aussi sorti leur chéquier. Les Citizens ont déboursé 184 millions d’euros sur trois joueurs : Otamendi (45 millions), Sterling (69 millions) et De Bruyne (70 millions). Les rivaux de United ont fait sensation en acquérant dans les dernières heures du mercato l’espoir Français de 19 ans, Anthony Martial. Son prix ? 80 millions d’euros (50 + 30 de bonus).

Si les 80 millions de Martial choquent, ils confirment la tendance des dernières années sur le marché des transferts. Les clubs n’hésitent plus à mettre des sommes colossales pour recruter de jeunes joueurs. Alors qu’auparavant les gros transferts concernaient l’élite des footballeurs, aujourd’hui un jeune à fort potentiel peut être recruté pour une somme qui ferait pâlir le budget de certains clubs de Ligue 1.

Drogba, Beckham et argent russe

Pour savoir comment le football européen en est arrivé à dépenser de telles sommes, il faut revenir en 2004, du côté de Marseille. Fort d’une saison réussie à l’OM, l’attaquant Didier Drogba attise les convoitises, notamment à Chelsea. Le club londonien va offrir 35 millions pour faire venir le joueur de 26 ans. Soit autant que pour David Beckham un an plus tôt de Manchester United au Real Madrid. Si l’Anglais était considéré comme un des tous meilleurs à son poste, Didier Drogba, lui, n’avait qu’une seule saison réussie à son actif.

Derrière cette opération se cache Roman Abramovich, multimilliardaire russe et propriétaire du club de Chelsea depuis 2003. Il n’hésite pas à surpayer des joueurs pour les avoir dans son équipe, faussant ainsi le marché. L’homme d’affaires russe fait partie de ces « nouveaux riches » qui investissent leur fortune dans des clubs au départ de seconde zone. C’est le cas des Qataris avec le PSG et des Émiratis avec Manchester City, deux équipes au passé glorieux mais aux résultats décevants ces dernières années. Ces nouveaux venus dans la gestion d’un club de foot ont l’avantage de bénéficier de fonds quasi-illimités. Peu regardant à la dépense, ils peuvent se permettre d’acheter des joueurs en devenir à des sommes impressionnantes, participant ainsi à la dérégulation du marché.

La barre des 100 millions

Outre les nouveaux propriétaires de clubs, il faut une nouvelle fois regarder en Angleterre pour comprendre l’évolution du mercato. Pour la saison écoulée, les clubs de Premier League se sont partagés 2 milliards d’euros, loin des 467 millions de la Ligue 1. Cela offre aux clubs anglais, notamment les plus gros, une force de frappe considérable sur le marché des transferts.

Si ce mercato a battu tous les records, il ne faut pas exclure que le ou les prochains le surpassent. Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord les joueurs achetés cet été étaient des jeunes en devenir (Martial, De Bruyne). En 2016 le marché devrait concerner les joueurs confirmés, les stars (Pogba, Müller, Hazard). Le journaliste de France Football, Thierry Marchand prédit qu’ « un club anglais allongera plus de 100 millions d’euros pour s’attacher les services d’une star ».

Sa prédiction nous emmène une fois de plus en Angleterre. En effet sur la période 2016-2019, les droits télés du championnat anglais atteindront 7,3 milliards d’euros, soit 2,4 par saison à partager. L’Italie aussi a vu ses droits télés renégociés à hauteur de 945 millions par saison sur la période 2015-2018. Il faudra compter à nouveau sur nos voisins transalpins à l’avenir pour animer le marché des transferts qui risque une fois de plus de défrayer la chronique.

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