Jérémy Crobyn : et maintenant ?

(Article écrit en septembre 2015 dans le cadre de mes cours de Techniques de Bases Rédactionnelles (T.B.R.) à l’EFJ Paris.)

Élu à la surprise générale à la tête du Labour Party le samedi 12 septembre, Jeremy Corbyn, député depuis trente ans, est devenu le premier dirigeant d’extrême gauche d’un parti traditionnel. Son profil très radical ne laisse pas insensible adversaires et sympathisants. Plus proche de Syriza que de la social-démocratie blairiste, il est sujet aux  critiques sur son idéologie et sa possible manière de gouverner.

Depuis l’élection de Jérémy Corbyn, nouveau chef de l’opposition, à la tête du Labour, les comparaisons entre le parti travailliste anglais et les Grecs de Syriza ou les Espagnols de Podemos se multiplient. La raison ? L’idéologie marxiste du nouveau chef de file de l’opposition britannique. Il serait même « plus à gauche que Tsipras », selon Romain Blachier, adjoint PS à la mairie de Lyon et membre du Labour Party, auteur d’un article sur l’élection de Corbyn dans Rue89.

Malgré son penchant pour le marxisme, ses positions antimonarchistes, anti-austérité et antinucléaires, il a réussi à se faire élire à une large majorité par les sympathisants et adhérents du parti. Corbyn « a fait campagne sur le parler vrai » et les électeurs ont été séduit par « sa fraicheur de ton », assure Florence Faucher, professeure à Sciences Po et spécialiste du Royaume-Uni.

Si le plébiscite populaire et les convictions politiques très à gauche du député travailliste rappellent le parti d’Alexis Tsipras ou Podemos, il faut rappeler que l’élection n’était qu’en interne. « Il est un peu tôt pour dire » si le Labour peut devenir le nouveau Syriza.

Corbyn face aux critiques

En attendant, peut-être, d’arriver au 10, Downing Street (la résidence du Premier Ministre britannique), Corbyn et son « shadow cabinet », constitué difficilement, ont cinq ans pour préparer les élections de 2020. Cela ne va pas être tâche aisée tant les critiques au sein du parti sont vives. On lui reproche sa ligne politique très à gauche, ses « positions pas claires avec l’islamisme », mais aussi son manque de charisme, confie Romain Blachier. Malgré ce flot de critiques, il a avec lui les sympathisants « déçus par le recentrage du parti », et le temps. « Les élections sont en 2020 donc il aura le temps de mobiliser, d’apprendre son rôle », prédit Florence Faucher.

De quoi aller au bout de ses idées ? Pas sûr. Comme « tout leader il devra composer avec les différentes factions. Il ne pourra plus se comporter comme un « back bencher » (nom donné aux députés d’arrière banc, ndlr) ». Cependant il n’est pas à exclure que sa ligne politique permette de remporter des victoires lors des prochaines municipales ». Le meilleur moyen de capitaliser sur l’engouement populaire.

Grèce, Espagne, Grande-Bretagne, qui est le suivant ?

L’élection de Jeremy Corbyn a été saluée par plusieurs personnalités de gauche et d’extrême gauche européennes et internationales. Parmi elles Jean-Luc Mélenchon, Alexis Tsipras et Christina Kirchner la présidente de l’Argentine.

Après la Grèce et l’Espagne, la Grande-Bretagne cède aux sirènes de la gauche de la gauche, même si cela concerne le parti de l’opposition. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un scrutin national, le résultat a fait beaucoup de bruit, au point de se questionner sur une éventuelle expansion de la gauche radicale au reste de l’Europe. « Cela pourrait arriver au Portugal. Pas en Allemagne où ça ne prend pas, ni en France ou c’est le bazar au Parti de Gauche », affirme Romain Blachier. En attendant de vérifier si le mouvement va se propager en Europe, Jeremy Corbyn a cinq ans pour amener le Labour là où Syriza est allé : au pouvoir.

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