Portrait : La dictée des cités

Qui : Rachid Santaki

Quoi : Des dictées géantes dans les cités

Où : Dans toute la France

Pour en savoir plus : http://rachidsantaki.com/

 

Ce quadragénaire, natif de Saint-Ouen est une figure emblématique du “9.3”. Rachid Santaki porte plusieurs casquettes : journaliste, scénariste, romancier, passionné de boxe anglaise et de culture hip-hop. Il est aujourd’hui un ancien cancre accompli. Son initiative de la “dictée des cités” fait de lui la star locale.

Rachid Santaki admet une adolescence difficile. Souvent renvoyé de différents collèges et redoublant à plusieurs reprises, rien ne le prédestinait à trouver sa voie à travers la littérature. Il a arrêté l’école au niveau Bac avec pour seul bagage un BEP en comptabilité. Pourtant aujourd’hui, il mène en maître de cérémonie des dictées géantes dans tous les quartiers de France.

“Aucun perdant, que des gagnants”, voilà le mot d’ordre de ces événements littéraires à but tant récréatif que ludique. Une manière de décomplexer ces enfants pour qui dictée rime avec école. À première vue, pas très vendeur. Pourtant, force est de constater que ça marche, puisque plus de mille enfants se sont réunis pour y participer depuis l’année 2014. En trois ans, ça été une “tournée” de plus de 50 “dates”, dans la France entière, des quartiers nord de Marseille jusqu’à la place de la Mairie à Saint-Denis. Quel succès!

 

AP.

(GoodPlanet)

Portrait : Feliciano Dos Santos, De la musique pour la planète

 

Qui : Feliciano Dos Santos

Quoi : De la musique pour promouvoir l’amélioration des eaux

: Village de Niassa, Mozambique

Pour en savoir plus : http://www.goldmanprize.org/recipient/feliciano-dos-santos/

 

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Feliciano Dos Santos mène un combat en musique. Accompagné de sa guitare et de son groupe Massukos, il dénonce les conditions sanitaires déplorables au Mozambique. La région du village de Niassa est sa première bataille. Village dont il est originaire, où il vit toujours aujourd’hui. L’un des plus pauvre du pays.

La musique est un langage universel. Feliciano Dos Santos le revendique : “les gens n’aiment pas parler de mauvaises conditions sanitaires. Mais si tu mets ces messages en musique, il n’y a plus de tabous”.

Sur fond de rythmes africains et mélodies reggaes, il chante en portugais le manque d’hygiène, l’utilisation quotidienne des eaux usées, la vie précaire des familles mozambiennes.

Feliciano Dos Santos est co-fondateur de la Non Governmental Organization ESTAMOS. Cette association internationale à but non lucratif est, grâce à lui, implantée au Mozambique. L’objectif est d’améliorer la qualité des eaux de la région, dans ce pays où plus de la moitié de la population vit dans une situation d’extrême pauvreté.

Un prix Goldman pour l’environnement lui est décerné en 2008.

 

 

 

 

AP.

(GoodPlanet)

Handball féminin : les Sénégalaises voient leur rêve s’envoler

La Tunise s’est inclinée hier soir face à l’Angola lors de la finale de Handball féminin de la CAN 2016. Sorties perdantes en demi-finale face au Sénégal, le dépot d’une réclamation a permis aux Tunisiennes de disputer cet ultime match. Elles ont obtenu gain de cause sur le plan administratif.

Déception et désillusion pour les Lionnes sénégalaises. Ce lundi 5 décembre, elles gagnent de 6 points d’avance face aux Tunisiennes, en demi-finale de la 22ème Coupe d’Afrique des Nations 2016. Un joli score de 26 à 20 leur permet de toucher leur rêve du bout des doigts. Elles arrachent à la Tunisie un ticket pour la finale disputée le mercredi 7 décembre face à l’Angola. Alors, leur classement dans le top 3 leur permet également la qualification pour les Mondiaux 2017.

La Tunisie ne l’entend pas de cette oreille. Cinq minutes après la fin du match, l’équipe dépose une réclamation. La cible : la capitaine Doungou Camara. L’équipe sénégalaise est accusée d’avoir aligné illégalement la joueuse qui a évolué dans la sélection française deux ans auparavant, pour la Coupe du Monde junior. La Confédération Africaine de Handball a pris la décision de disqualifier le Sénégal, 24h après le dépot de cette réclamation, leur retirant alors tout espoir de finale (et de mondiaux) à quelques heures de ce match crucial.

La Tunisie affirme que la joueuse mise en cause à largement contribué à la victoire de son équipe lors de ce match. L’article 6 de la fédération internationale de Handball stipule que chaque joueur voulant changer de nationalité sportive doit attendre trois ans avant d’endosser un nouveau maillot. Enfin, selon l’article 83 de la condéfération africaine de Handball, toute sélection qui aligne un joueur non-qualifié, sera disqualifée.

La Tunisie a donc décroché sa place en finale in extremis, en même temps que celle pour la Coupe du Monde 2017 aux côtés du Cameroun et de l’Angola. Laissant le Sénégal sur la touche.

 

 

AP.

 

J.Cole : un nouvel album surprise

J. Cole s’apprêterait à sortir un nouvel album, intitulé 4 Your Eyez Only. Le projet apparait sur la page iTunes de l’artiste avec pour date de sortie le 9 décembre 2016. 10 mystérieux morceaux et la cover de l’album dévoilée : une jolie surprise qui pourrait ravir les mélomanes du hip-hop. 

 

j-cole-4-your-eyez-only-album-coverLa cover du futur album, 4 Your Eyez Only.

 

Un nouvel album comme cadeau de noël. J. Cole, qui manquait à la scène hip-hop depuis 2 ans, a dévoilé une mystérieuse page de pré-commande sur iTunes. Sans un mot sur le sujet de la part de l’artiste, 4 Your Eyez Only présente 10 tracks, sans titre. La sortie serait prévue pour le 9 décembre 2016, chez Dreamville Record. J.Cole reste fidèle à son propre label avec lequel il a produit ses trois précédents albums.

Depuis 2014 Forest Hills Drive, double disque de platine sans aucun featuring dessus, le rappeur de Caroline du Nord s’était fait très discret. La date annoncée du 9 décembre fête également l’anniversaire de sortie de son troisème album précédent. Album pour lequel il avait déjà entretenu l’effet de surprise, annonçant sa sortie à peine deux semaines à l’avance.

Jermaine Lamarr Cole n’a pour autant pas chômé ces dernières années. Il a bouclé une grande tournée aux Etats-Unis et en Europe, complète partout. Il a fait quelques apparitions discrètes avec notamment l’album Dreamville : Revenge of the dreamers qui regroupe tous les artistes du label, ou encore avec un interlude sur le dernier album de DJ Khaled, Major Key. Il est surtout devenue le rappeur le mieux payé de l’année 2015. S’il avait annoncé un pause en terme de concert, il n’a pour autant jamais exclu la sortie de nouveaux projets. Affaire à suivre le 9 décembre prochain.

 

Capture d'écran d'iTunes (1 décembre 2016)Page visible sur iTunes depuis hier après-midi.

 

Ci-dessous, un documentaire sur la réalisation de l’album :

 

  • L’album est désormais disponible sur toutes les plateformes de téléchargement.

 

Tracklist

1. For Whom the Bell Tolls
2. Immortal
3. Deja Vu
4. Ville Mentality
5. She Mine Pt. 1
6. Change
7. Neighbors
8. Foldin’ Clothes
9. She Mine Pt. 2
10. 4 Your Eyez Only

 

AP.

« Touche pas à ma ZEP » : les oubliés de l’éducation

Quatrième journée de manifestation des professeurs de lycée « ZEP » depuis la rentrée 2016, ce 29 novembre à Paris. Ils protestent contre la réforme des nouveaux Réseaux d’éducation prioritaires, les REP. Réforme qui abandonne les lycées. Les élèves se raccrochent au mouvement en bloquant leurs établissements. Le collectif « Touche pas à ma ZEP » mène le jeu.

 

Une crise qui rassemble

Professeurs et élèves tombent d’accord sur des revendications communes. Ce mardi 29 novembre, une grève nationale des professeurs de lycées en « Zone d’éducation prioritaire » est prévue. C’est la quatrième journée d’action depuis la rentrée 2016, tandis que de leur côté, les élèves bloquent leur lycée en signe de solidarité au mouvement.

La réforme visant à mettre en place un nouveau dispositif d’éducation prioritaire boude les lycées. Cette mesure s’attaque uniquement aux écoles et aux collèges. Une situation qui risque de mettre en danger les statuts de ZEP et pourrait engendrer bon nombre de changements au sein des établissements.

La mobilisation a pris racine dans les Hauts-de Seine pour s’étendre dans toute la France. Le collectif « Touche pas à ma ZEP » réuni à ce jours 73 lycées de 11 académies différentes. Les lycéens, leurs professeurs et le personnel administratif ne font qu’un. Sans appel, cette colère fait l’unanimité chez les principaux concernés.

Une semaine auparavant, le 22 novembre, une vague de blocus lycéen a secoué les Hauts-de-Seine. Provoquant parfois débordements et incendies. Sans associer ces dérapages violents aux quelques trouble-fêtes présents sur place, les revendications des lycéens n’en sont pas moins fondées.

« Il faut soutenir tous les lycées ZEP, l’éducation sans les ZEP va empirer les inégalités » scande Tamim dans son mégaphone devant son établissement bloqué. Le lycée Mozart du Blanc-Mesnil est impliqué dans la lutte. Professeurs et élèves s’expriment ensemble dans un communiqué : « Nous appelons conjointement profs et élèves en lutte à participer activement à la journée de mobilisation du mardi 29 novembre 2016 ».

 

Les raisons de la colère

C’est la crainte d’être rayé de la carte d’éducation prioritaire qui porte le mouvement. En 2014, le gouvernement a révisé cette carte. Ce sont donc des nouveaux Réseaux d’éducation prioritaires qui sont mis en place, les REP. Chacun comprend un collège et les écoles de son secteur. Cette mesure se traduit par des primes, un allègement de service, des formations, du soutien aux élèves…

Un joyeux programme jusqu’ici. Seule ombre au tableau  : les lycées sont exclus de cette mesure. En résumé, la réforme ne concerne que l’école obligatoire. « Qui peut croire que les inégalités sociales s’arrêtent à la fin de la Troisième ? » questionne un professeur de math d’un lycée du Val d’oise. Absents du dispositif d’éducation prioritaire, les lycées ZEP sont inscrits dans une « clause de sauvegarde » par le gouvernement.

Traduction :  c’est une période transitoire pour ces lycées, au cours de laquelle les moyens sont maintenus dans l’attente de discussions. Une situation prorogée depuis bientôt 3 ans. Les établissements supportent.

Tous sont unanimes sur l’issue que pourrait avoir cette situation. Des classes surchargées, la suppression des travaux en demi-groupe, aides et soutiens personnalisés pour chaque élève, des moyens financiés réduits, la suppression de la prime des professeurs et du droit de mutation, la réduction du personnel administratif… Entre-autre. Tous les dispositifs propres aux lycées ZEP sont menacés de disparaître.

Professeurs en colère et lycéen incertains de leur sort, l’inquiétude quant à l’avenir est grande. « Un risque de voir le niveau chuter aux examens, le climat scolaire se détériorer, la mixité sociale diminuer » selon Clément, professeur au lycée Saint-Exupéry à Dreux. De leur côté, les élèves en sont tout autant conscients. Pour Yamina, élève de Première, « si on est plus en ZEP, on sera plus souvent en classe entière et on aura moins d’aide des profs ».

 

Le mutisme gouvernemental

La réponse du gouvernement est pour le moins étrange. La « clause de sauvegarde » mise en place par la Ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem tenait jusqu’en 2016-2017. Échéance à laquelle des discussions sur la situation devaient avoir lieux, des mesures devaient être prises. Arrivé à terme, c’est le silence radio. La clause est reconduite jusqu’en 2019.

Tandis que le mouvement contestataire est largement médiatisé, le gouvernement fait la sourde oreille. La colère augmente. Pour le collectif « Touche pas à ma ZEP », « vu la large couverture médiatique de nos mobilisations, il est impossible de ne pas nous entendre ».

Pourtant, Najat Vallaud-Belkacem concède. Elle a déclaré le 2 novembre dernier que « les personnels des lycées ont raison. Il faudra faire cette réforme des lycées d’éducation prioritaire ». Mais aucune réponse concrète n’est apportée.

En cette année électorale, c’est le moment de gronder plus fort et faire entendre sa voix. Alors que les primaires de la droite et du centre prennent fin, celle de la gauche demarreront bientôt le marathon. Pour le collectif, « Touche pas à ma ZEP », c’est maintenant ou jamais.

La couverture médiatique est grande, c’est une maigre lueur d’espoir. « À l’heure où les candidats entrent en campagne pour la présidentielle, on se saisit de cette mobilisation pour que tous prennent des engagements pour les lycées de ZEP » déclare Clément, professeur du lycée Branly de Dreux. Reste à savoir quelles réponses apportera le futur gouvernement, d’ici la fin de la « clause de sauvegarde » en 2019.

 

AP.


Interview : Stéphane*, professeur de mathématiques dans un lycée du Val d’Oise, membre du collectif « Touche pas à ma ZEP ».

  • Comment envisagez-vous la suite des évènements ? Tant que le gouvernement répond absent, d’autres actions de protestation sont à prévoir ? La grève continuera tant que nous n’aurons aucune réponse concrète. La rentrée du 3 janvier 2017 démarrera sur une grève. Quel meilleur moyen pour faire trembler encore le gouvernement qu’une rentrée sans prof ?
  • Tous ces évènements à la longue ne risquent-ils pas d’impacter sur la scolarité des élèves ? Les grèves génèrent toujours des perturbations, bien entendu. Mais les professeurs s’arrangent bénévolement pour faire rattraper certains cours, notamment pour ceux préparant un examen, en Première et Terminale. Et quoi qu’il en soit, la disparition programmée des moyens de l’éducation prioritaire frappera bien plus durement les lycéens que ces quelques journées de mobilisation.
  • Quelle est la position des élèves ? Sont-ils conscient de l’enjeu de cette réforme pour eux ? Les élèves qui sont informés, tout comme leurs parents, s’accordent avec nous. Tous bien conscients que cette réforme les met en danger, eux bien plus que nous. Nos actions sont menées aussi et surtout pour eux.  Ils sont aussi bien conscients qu’ils ne disposent pas des mêmes chances que leurs camarades des quartiers plus favorisés. Ils sont solidaires de nos actions, de notre mouvement et même les élèves de Terminale, qui eux ne seront pas directement impactés par la réforme, protestent.
  • Plusieurs lycéens ont pris l’initiative de bloquer leur lycée afin d’empêcher la tenue des cours. Comment réagit un professeur à la vue de son lycée bloqué ? De même que lorsque nous faisons grève, il s’agit aussi pour eux d’un moyen de se faire entendre. Bien sur, tous les enseignants ne sont pas favorables à ces actions. Personnellement, si lorsque j’arrive le matin, je trouve un blocage pacifique, argumenté d’un message clair, dans le sens de notre mouvement, je ne peux que soutenir. Bien sur, ce sont des jeunes, des perturbations ponctuelles sont toujours à prévoir. À mon sens, ces dérapages sont bien moins dangereux pour leur avenir que ce qui les attend avec cette réforme, c’est-à-dire la reproduction et l’amplification des inégalités sociales dans les lycées. Donc oui, les élèves savent qu’ils sont concernés, ils protestent, ils ont raison.

 

* Les prénoms ont été changés

Propos recueillis par Agathe Palaizines. 

 

 

 

 

 

 

 

Appel aux dons de l’université Paris 8 pour les étudiants réfugiés

L’université Paris 8 de la ville de Saint-Denis s’engage pour les étudiants réfugiés. Sur le principe du « crowdfunding », une collecte de fonds à été lancée depuis le début du mois d’octobre sur la plateforme de financement Ulule. L’université offre une formation spécifique pour les étudiants réfugiés et demandeurs d’asile. Elle invite chacun à s’engager à ses côtés pour la survie du projet. Projet qui dépend aujourd’hui d’acteurs extérieurs.

« Français langue étrangère pour les populations réfugiées en insertion universitaire ». C’est le diplôme créé le 7 mars dernier par l’université. Inscrite dans une longue tradition d’accueil des étudiants étrangers, Paris 8 reste fidèle à elle-même face à l’urgence de la situation actuelle. Le succès de la formation durant l’année 2015-2016 encourage la reconduction et l’amplification du projet. L’université fait appel aux dons pour compléter les financements déjà opérés avec ses partenaires (l’Agence Universitaire de la Francophonie et le Campus France).

40 000 € sont déjà engagés. Pour garantir la pérennité du projet et permettre la mise en place de nouveaux moyens, 10 000€ supplémentaires sont nécéssaires. À ce jour, 46 % de l’objectif est atteint, soit un montant de 4 645 €. 11 jours avant la fin de la collecte, l’aboutissement du projet dépend de ces dons. « La valorisation de la formation par nos partenaires extérieurs est primordiale, d’autant plus que la crise migratoire ne cesse de s’accentuer », a indiqué dans un communiqué de presse Danielle Tartakowsky, ancienne présidente de l’université.

À Paris 8, tout un réseau s’est rassemblé autour du projet : direction, enseignants et étudiants bénévoles donnent de leur temps pour mener à bien cette formation. Ce sont des cours d’apprentissage de la langue personnalisés pour chacun, des ateliers de culture et de civilisation, des sorties culturelles, des conférences, des journées d’études, des groupes de parole, des parrainages entre étudiants. L’année dernière, la formation a réuni 60 participants âgés de 18 à 57 ans, venus du Soudan, de Syrie, d’Afghanistan ou d’Irak. Sur 21 846 inscrits pour ce diplôme, il concerne uniquement les personnes ayant le statut de réfugié, demandeur d’asile et étudiant dans leur pays d’origine. Un dispositif encore trop maigre pour Nicole Blondeau, maître de conférence de français langue étrangère : « Si la formation ne se poursuit pas, cela sera contre-productif ».

Pour faire un don : https://fr.ulule.com/refugies-luniversite-sengage/à hauteur de 5 € minumum, il ne reste plus que 11 jours.

AP.

 

Le recyclage londonien des lieux désaffectés

 

Des endroits insolites de la capitale anglaise sont reconvertis en bars, cafés ou restaurants. Anciennes toilettes publiques ou stations de métro désaffectées constituent des endroits très prisés. Transformés en lieux de convivialité atypiques “The WC”, “The convenience” ou “The attendant”, sont les nouveaux bars à la mode du centre-ville londonien.

Les restaurateurs voient en ces lieux des défis professionnels. Katie Harris, gérante du bar “The Convenience” et ancienne décoratrice s’est attelée à la transformation d’anciennes toilettes publiques. Ryan de Oliveira dirige “The Attendant” et s’est imposé le défi de “donner une nouvelle vie à un lieu tombé en désuétude” sans le dénaturer complètement. Là-bas, le client s’attable entre les anciens urinoirs remis à neuf.  

Ces initiatives sont aussi vivement encouragées par les municipalités. En quête d’argent frais, “le gouvernement pousse les conseils municipaux à utiliser tous les endroits vacants pour générer des revenus”, explique Jayke Mangion, gérant du bar “The WC”. Les offres se multiplient à des prix modérés pour ces endroits à l’abandon.

 

 

 

See original imageBar « The attendant », construit dans d’anciennes toilettes publiques, où sont conservés les urinoirs. 27A Foley Street, Londres. 

 

AP.

Dubaï, à la course au plus haut gratte-ciel

 

Dubaï lance la construction d’un gratte-ciel d’une hauteur record, la tour Dubaï Creek Harbor. Sans préciser sa taille, elle devrait dépasser la Burj Khalifa, aujourd’hui la plus haute du monde, qui culmine à 828 mètres, également située dans cet émirat du Golfe.

Conçue par l’architecte hispano-suisse Santiago Calatrava Valles, les travaux de la tour ont été annoncé en avril dernier par la société Emaar, géant de l’immobilier. L’incroyable projet devrait être finalisé en 2020, a précisé le souverain de Dubaï, cheikh Mohamad ben Rached El-Makhtoum, dans un communiqué. Les travaux devraient donc arriver à terme pour l’exposition universelle qui se tiendra cette année-là à Dubaï. Les coûts de construction ont été estimé à un milliard de dollars, soit 900 millions d’euros : un budget conséquent pour ce projet de grande envergure.

Selon le président d’Emaar, Mohamad Alabbar, elle devrait être dotée d’une plateforme d’observation, et de 18 à 20 étages accueillants des restaurants, hôtels et magasins. De quoi ravir les millions de touristes du monde entier qui visitent la ville chaque année. Par sa structure, la tour Dubaï Creek Harbor devrait évoquer un minaret.

 

Afficher l'image d'origine*Prototype architectural de la Dubaï Creek Harbor

 

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Street Voice, de la rue à l’écriture

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Street Voice, Paroles de l’ombre. L’initiative est dans le titre : donner la parole à ceux qui n’y ont pas droit. Street Voice est un journal de rue périodique gratuit fondé en 1990 grâce à l’initiative de Curtis Price. Au sein de sa rédaction, aucun journaliste. Elle se compose uniquement de sans-abris de la ville de Baltimore dans le Maryland aux Etats-Unis. Paru en 2003 aux éditions Verticales, 50 textes et 15 illustrations tirés du journal ont été choisis, traduits et regroupés dans un ouvrage par Gaëlle Erkens.

Curtis Price est un ancien travailleur social d’un centre de dépistage de la ville, puis d’un centre d’accueil pour sans-abris. Au contact de cette misère sociale, lui est venu l’idée du journal, explique-t-il dans la préface. Il y dresse un portrait sombre de la ville de Baltimore, sa misère, ses déboires, la plaque tournante américaine des drogues en tout genre. La singularité du journal est la visée non-lucrative. Son seul but : faire entendre les voix de l’ombre. Street Voice est un journal de rue démarginalisant. L’anti rêve américain y est dépeint par ses anti-héros, au travers de témoignages, de poèmes, de critiques sociales. Une écriture pure, brut, dépourvue de tous codes. Le simple reflet de la pensée des hommes et des femmes oubliés de la société américaine.

Tous les textes sont signés de la plume de ces apprentis écrivains. De longueurs et de formes différentes, on y retrouve en boucle les mêmes sujets. Les drogues, la prostitution, le racisme, la politique, la mort composent Street Voice. Toutes ces péoccupations rythment le quotidien des habitants de Baltimore. Ville américaine oubliée où règnent misère sociale et violence.

 

AP.