{"id":129,"date":"2016-04-29T11:57:37","date_gmt":"2016-04-29T10:57:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.efj.press\/arthurficheux\/?p=129"},"modified":"2016-04-29T12:10:41","modified_gmt":"2016-04-29T11:10:41","slug":"eddie-barclay-en-noir-et-blanc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.efj.press\/arthurficheux\/2016\/04\/29\/eddie-barclay-en-noir-et-blanc\/","title":{"rendered":"Eddie Barclay en noir et blanc"},"content":{"rendered":"<h1><\/h1>\n<h1>Vingt mille. C\u2019est le nombre de clich\u00e9s dont Guillaume Barclay, fils d\u2019Eddie, a h\u00e9rit\u00e9, apr\u00e8s la mort de \u00ab\u00a0l\u2019empereur du microsillon\u00a0\u00bb. Le photographe pr\u00e9pare aujourd\u2019hui une exposition qui d\u00e9butera \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2014 entre Paris, Saint-Tropez et Monaco.<\/h1>\n<div class=\"content\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les soir\u00e9es blanches trop\u00e9ziennes font d\u00e9sormais partie de la l\u00e9gende d\u2019Eddie Barclay. Depuis sa mort en 2005, les f\u00eates embl\u00e9matiques de celui qui fut consid\u00e9r\u00e9 comme le roi de la jet-set sont r\u00e9\u00e9dit\u00e9es un peu partout. Le 25\u00a0juillet, le Before, \u00e0 Monaco, en organise une pour rendre hommage \u00e0 Eddie Barclay. Cette soir\u00e9e sera surtout l\u2019occasion de voir une quinzaine de clich\u00e9s s\u00e9lectionn\u00e9s par Guillaume Barclay parmi les 20\u2009000 qu\u2019il poss\u00e8de. Des photos noir et blanc o\u00f9 l\u2019on retrouve aux c\u00f4t\u00e9s de son p\u00e8re, Johnny Hallyday, Alain Delon, Belmondo, Edith Piaf\u2026 Car Guillaume Barclay, lui-m\u00eame photographe, pr\u00e9pare actuellement une exposition itin\u00e9rante entre Paris, Saint-Tropez et Monaco pour l\u2019\u00e9t\u00e9 2014. Son objectif\u2009: raconter le fabuleux destin du producteur de disques. \u00ab\u00a0Je ne veux pas associer mon p\u00e8re aux soir\u00e9es blanches et au dandy qu\u2019il \u00e9tait pendant la fin de sa vie. Je veux raconter l\u2019histoire du professionnel, du musicien qu\u2019il a toujours \u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb, explique-t-il simplement.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.monacohebdo.mc\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Eddie-Barclay-Edith-Piaf-et-Henri-Salvador.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-12408 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.monacohebdo.mc\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Eddie-Barclay-Edith-Piaf-et-Henri-Salvador.jpg\" alt=\"Eddie Barclay, Edith Piaf et Henri Salvador\" width=\"480\" height=\"722\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>Pianiste de jazz<\/strong><br \/>\nN\u00e9 en 1921, le jeune Edouard Ruault, de son vrai nom, a d\u00e9marr\u00e9 sa carri\u00e8re comme gar\u00e7on de caf\u00e9 dans la brasserie de ses parents, en face de la gare de Lyon, puis comme pianiste de jazz, dans un caf\u00e9 parisien, rue des Lombards. \u00ab\u00a0Pour la petite histoire, il alternait avec Louis De Fun\u00e8s, qui \u00e9tait pianiste de caf\u00e9 avant d\u2019\u00eatre connu comme acteur. Depuis, ils \u00e9taient amis\u00a0\u00bb, raconte Guillaume Barclay. Pendant l\u2019occupation nazie, cet autodidacte passionn\u00e9 par le jazz organisait des f\u00eates \u00e0 Saint-Germain-des-Pr\u00e9s, o\u00f9 il jouait avec son propre groupe dont il \u00e9tait le chef d\u2019orchestre. A c\u00f4t\u00e9 du compositeur, on retrouvait la guitare de Django Reinhardt et la voix d\u2019Henri Salvador. Ensemble, ils jouaient du jazz am\u00e9ricain qui \u00e9tait interdit \u00e0 cette \u00e9poque. Car Eddie Barclay, c\u2019est surtout une histoire de rencontres. Elle d\u00e9marra vraiment apr\u00e8s la deuxi\u00e8me Guerre Mondiale, lorsqu\u2019il d\u00e9cida d\u2019am\u00e9ricaniser son nom. Une pratique courante chez les artistes des ann\u00e9es cinquante et soixante, comme Eddy Mitchell ou Johnny Hallyday.<\/p>\n<p><strong>Success Story<\/strong><br \/>\nA partir de ce moment, Barclay va s\u2019entourer des meilleurs et se fait conna\u00eetre avec l\u2019importation des 45 et 33 tours dans l\u2019Hexagone. \u00ab\u00a0Ils \u00e9taient tr\u00e8s peu commercialis\u00e9s en France \u00e0 l\u2019\u00e9poque. C\u2019\u00e9tait une mini r\u00e9volution dans le monde de la musique\u00a0\u00bb, rappelle son fils. Le musicien profite de ses voyages aux Etats-Unis pour signer des contrats avec de nombreux jazzmen am\u00e9ricains comme Charlie Parker ou Ray Charles, pour ne citer qu\u2019eux. Son orchestre accompagne les plus grands, comme Louis Amstrong et Quincy Jones qui deviendra son directeur artistique, quand le label Barclay fut cr\u00e9\u00e9. Avec ce label, Barclay est devenu le num\u00e9ro un des disques en France, en r\u00e9v\u00e9lant de nombreux talents comme Dalida, Michel Delpech, Noir D\u00e9sir, Jean Ferrat, L\u00e9o Ferr\u00e9, Fran\u00e7oise Hardy et bien d\u2019autres. Son tout premier succ\u00e8s fut le chanteur am\u00e9ricain Eddie Constantine. Son flair lui fait pourtant d\u00e9faut pour certains interpr\u00e8tes, comme Michel Sardou ou Jacques Brel. \u00ab\u00a0La collaboration avec ces chanteurs ne connut pas un succ\u00e8s imminent. Il a fallu attendre de trouver ce qui correspondait \u00e0 ces personnalit\u00e9s, d\u00e9sormais incontournables, et aussi au public\u00a0\u00bb, poursuit Guillaume Barclay. En effet, Jacques Brel et Daniel Balavoine, par exemple, ont sorti chez Barclay quelques chansons loin de la gloire qu\u2019ils ont pu conna\u00eetre par la suite.<\/p>\n<p><strong>L\u2019artiste, l\u2019homme et l\u2019ami<\/strong><br \/>\nMais le show business \u00e9tait bien diff\u00e9rent \u00e0 l\u2019\u00e9poque. \u00ab\u00a0Maintenant, si un artiste se loupe, c\u2019est foutu pour lui, raconte Guillaume Barclay. Mon p\u00e8re travaillait diff\u00e9remment et prenait le temps de trouver ce qui allait marcher, quand il \u00e9tait s\u00fbr d\u2019avoir trouv\u00e9 la perle rare\u00a0\u00bb. Pour Michel Sardou, l\u2019histoire est diff\u00e9rente. Apr\u00e8s quatre ann\u00e9es d\u2019essai, il ne croyait plus en son talent d\u2019interpr\u00e8te, et le chanteur se dirigea vers une autre maison de production. Les deux hommes n\u2019avaient pas perdu leur amiti\u00e9 pour autant. \u00ab\u00a0Mon p\u00e8re \u00e9tait un artiste, loin du businessman classique. Tous ceux qui venaient enregistrer dans son studio, tissaient des liens d\u2019amiti\u00e9 forts avec lui \u00bb.<br \/>\nPersonne n\u2019\u00e9chappait \u00e0 ce rituel, il \u00e9tait proche des personnes avec qui il travaillait et s\u2019amusait dans son travail\u2009: \u00ab\u00a0Il ne le concevait pas autrement\u00a0\u00bb. Une photo prise \u00e0 New York avec Quincy Jones et Frank Sinatra illustre bien cet \u00e9tat d\u2019esprit, qui \u00e9tait d\u2019instaurer plus que de la proximit\u00e9 entre lui et son entourage du show-business. \u00ab\u00a0C\u2019est ma photo pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, il tient sa main sur son c\u0153ur en regardant Sinatra dans les yeux avec une r\u00e9elle sinc\u00e9rit\u00e9, pour le convaincre de rejoindre la maison Barclay.\u00a0Ce n\u2019\u00e9tait pas qu\u2019un simple producteur de tubes. Il allait vers les artistes, qui \u00e9taient oblig\u00e9s d\u2019accepter car mon p\u00e8re n\u2019offrait pas seulement l\u2019argent n\u00e9cessaire pour la production, il offrait son amiti\u00e9\u00a0\u00bb.<br \/>\nSelon son fils, derri\u00e8re l\u2019homme dur en affaires, Edouard Ruault \u00e9tait \u00ab\u00a0tr\u00e8s humble\u00a0\u00bb, loin de son image de retrait\u00e9 \u00e0 Saint-Tropez et de ses huit mariages. Une partie de sa vie qui a empi\u00e9t\u00e9 sur le reste. \u00ab\u00a0Les soir\u00e9es blanches et les femmes ne constituent qu\u2019un d\u00e9tail de sa longue vie\u00a0\u00bb, souffle Guillaume Barclay. Le producteur, qui incarnait le paysage du show-business \u00e0 la fran\u00e7aise, \u00e9tait rest\u00e9 un jeune pianiste dans l\u2019\u00e2me. S\u2019obstinant \u00e0 conserver la moustache \u00e0 la Clark Gable, dont il \u00e9tait fan durant son adolescence.\b<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vingt mille. 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