{"id":25,"date":"2016-04-06T15:47:39","date_gmt":"2016-04-06T14:47:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.efj.press\/enzoconticello\/?p=25"},"modified":"2016-04-06T15:47:39","modified_gmt":"2016-04-06T14:47:39","slug":"souffle-intemporel-dans-le-passage","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.efj.press\/enzoconticello\/2016\/04\/06\/souffle-intemporel-dans-le-passage\/","title":{"rendered":"Souffle intemporel dans le Passage"},"content":{"rendered":"<p><b>Dans la rue de Montmartre bifurque une insolite petite all\u00e9e. Le charme du passage des Panoramas et de\u00a0 ses commerces presque d\u2019\u00e9poque, semble ne pas connaitre de p\u00e9remption.<\/b><\/p>\n<p>La fl\u00e2nerie sommeille encore. Il est 9h30 en ce mercredi matin de novembre, et les promeneurs ne daignent pas encore pointer le bout de leur nez. Les commer\u00e7ants sont \u00e0 leurs postes, mais le passage semble d\u00e9muni de ses visiteurs.<\/p>\n<p>Pourtant, les cand\u00e9labres qui ornementent les parois de l\u2019avenue sont tous allum\u00e9s. Ils pointent \u00e0 toutes les vitrines, d\u2019une lumi\u00e8re orang\u00e9e, tamis\u00e9e, qui interpelle tout de suite l\u2019oeil du passant.<\/p>\n<p>Les enseignes \u00e9clair\u00e9es des commerces du passage, offrent une superbe harmonie lumineuse et color\u00e9e\u2026 L\u2019atmosph\u00e8re est tr\u00e8s singuli\u00e8re\u2026<\/p>\n<p>Un livreur de fruits et l\u00e9gumes entame sa travers\u00e9e. Il est au coeur de toutes les attentions portant \u00e0 bout de bras un sac rempli d\u2019oignons, et un autre de pommes de Terre. Il porte une polaire grise, sur laquelle est inscrit :\u00a0 \u00ab\u00a0Fran\u00e7ois a la patate !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>A l\u2019entr\u00e9e du chenal, la rue Montmartre. Une tr\u00e8s longue art\u00e8re, pollu\u00e9e par les vrombissements assourdissants des deux roues, des camions et des voitures. Ils s\u2019accompagnent du remugle abject provoqu\u00e9 par la pluie sur le bitume.<\/p>\n<p>Heureusement, la fl\u00e2nerie est couverte. Un somptueux toit compos\u00e9 de plaques de verre, fa\u00e7on artisanale, prot\u00e8ge le passage de la pluie. La petite cr\u00eaperie \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, et ses d\u00e9licieux parfums prot\u00e8ge elle, des effluves qui s\u2019\u00e9chappent de la rue Montmartre.<\/p>\n<p>Les restaurateurs commencent \u00e0 dresser les tables en terrasse. Il est 10H, la journ\u00e9e commence pour les serveurs qui se pressent de sortir les chaises. En passant d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre du tunnel, on se rend compte des multiples vari\u00e9t\u00e9s culinaires qui sont propos\u00e9es dans le passage des panoramas. Cuisine marocaine, italienne, bretonne ou tout simplement fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Les cartes volontairement dress\u00e9es sur les fa\u00e7ades ou les pr\u00e9sentoirs des brasseries mettent l\u2019eau \u00e0 la bouche\u2026 Particuli\u00e8rement celle du Caffe Stern. Le cahier est compos\u00e9e de deux planches de m\u00e9tal plaqu\u00e9es or, majestueusement plac\u00e9es sur un pupitre, dor\u00e9 lui aussi.<\/p>\n<p>A l\u2019int\u00e9rieur, le nom des plats est \u00e9crit en Italien. La suavit\u00e9 de la langue transporte le marcheur dans les cuisines italiennes.<\/p>\n<p>Dans les vitrines du bistrot, des loups empaill\u00e9s sont install\u00e9s en guise de d\u00e9coration. De magnifiques b\u00eates au poil impeccable. Des colliers de diamants parent leur cou. Imp\u00e9rieux, ils dominent ind\u00e9niablement le sentier.<\/p>\n<p>En face, se tient le restaurant Noglu, qui fait aussi office d\u2019\u00e9picerie. La vitrine du commerce donne directement sur la cuisine. Le chef, un jeune homme d\u2019\u00e0 peu pr\u00e8s trente ans, pr\u00e9pare son saumon. Sur une grande planche en bois, il allonge le poisson et l\u2019\u00e9mince d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre avec un \u00e9norme couteau. Pendant ce temps, le serveur lui apporte une bassine remplie de pommes de terre d\u00e9coup\u00e9es en frite. Elles baignent dans l\u2019eau pour \u00e9viter qu\u2019elles ne noircissent. Il est onze heures, le service ne devrait pas tarder\u2026<\/p>\n<p>Coll\u00e9e au restaurant, une toute petite boutique expose, sur un \u00e9talage, des milliers de cartes postales anciennes. Bien tri\u00e9es par cat\u00e9gories de r\u00e9gions, elles remontent parfois deux si\u00e8cles en arri\u00e8re. Certaines sont vierges, mais la plupart sont d\u00e9j\u00e0 bien remplies. Beaucoup d\u2019entre elles sont illisibles, mais il n\u2019est pas impossible de d\u00e9chiffrer des messages \u00e9crits cent ans plus t\u00f4t. Des lettres d\u2019anniversaires, ou bien des voeux pour la nouvelle ann\u00e9e\u2026<\/p>\n<p>Autour de ce magasin exigu, d\u2019autres \u00e9choppes se partagent la client\u00e8le passionn\u00e9e de timbres. Ils sont peut-\u00eatre six en tout dans le passage, \u00e0 se disputer le march\u00e9 philat\u00e9lique. En vitrine, des timbres ou bien des cahiers de collection sont pr\u00e9sent\u00e9s. Des pi\u00e8ces \u00e9galement, ainsi que des sceaux datant des si\u00e8cles anciens pointent sur les \u00e9tag\u00e8res des devantures. A l\u2019int\u00e9rieur, \u00e7a sent le livre ancien. Ce parfum si fort qui rappelle les biblioth\u00e8ques, et les vieilles quincailleries.<\/p>\n<p>Une atmosph\u00e8re qui sort compl\u00e8tement les badauds de l\u2019ambiance parisienne quotidienne. Dans le passage, Paris n\u2019a ni la m\u00eame odeur, ni le m\u00eame visage. Le temps semble compl\u00e8tement d\u00e9cal\u00e9. Ainsi l\u2019heure, la saison ou bien l\u2019\u00e9poque sont presque impossibles \u00e0 deviner une fois enfoui\u00a0 dans le tunnel\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la rue de Montmartre bifurque une insolite petite all\u00e9e. Le charme du passage des Panoramas et de\u00a0 ses commerces presque d\u2019\u00e9poque, semble ne pas connaitre de p\u00e9remption. La fl\u00e2nerie sommeille encore. Il est 9h30 en ce mercredi matin de novembre, et les promeneurs ne daignent pas encore pointer le bout de leur nez. 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