{"id":572,"date":"2016-11-20T15:29:29","date_gmt":"2016-11-20T14:29:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.efj.press\/antoinebarre\/?p=572"},"modified":"2020-07-01T19:00:52","modified_gmt":"2020-07-01T18:00:52","slug":"adieu-aux-freres-jacques","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.efj.press\/antoinebarre\/2016\/11\/20\/adieu-aux-freres-jacques\/","title":{"rendered":"Adieu aux Fr\u00e8res Jacques"},"content":{"rendered":"<p>Dimanche midi, je me balade sur Twitter (une fois n&rsquo;est pas coutume). Je vois une Tendance \u00ab\u00a0<em>Fr\u00e8res Jacques<\/em>\u00ab\u00a0. Intrigu\u00e9, et amateur de leurs nombreuses chansons et interpr\u00e9tations, je clique sur le lien, pour d\u00e9couvrir que Paul Tourenne, le dernier membre du groupe, s&rsquo;est \u00e9teint aujourd&rsquo;hui \u00e0 Montr\u00e9al.<\/p>\n<p>Je l&rsquo;avoue, je suis \u00e9mu. Une boule me remonte dans la gorge, tandis que je v\u00e9rifie s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un hoax ou d&rsquo;une v\u00e9ritable nouvelle. Pas de chance, c&rsquo;est vrai. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un quatuor dont j&rsquo;ai assez souvent entendu parler dans ma (courte) vie, notamment gr\u00e2ce \u00e0 mes grands-parents maternels, qui appr\u00e9ciaient grandement leurs chansons et interpr\u00e9tations, et ont su transmettre cette passion \u00e0 leurs enfants et \u00e0 leurs petits-enfants.<\/p>\n<p>Ce quatuor vocal (accompagn\u00e9 de deux pianistes, successivement Pierre Philippe et Hubert Degex) traversait le r\u00e9pertoire chansonnier fran\u00e7ais avec une certaine aisance, allant de la chanson traditionnelle \u00e0 celles faisant perler des larmes aux coins des yeux, en passant par la satire, la chanson paillarde et la po\u00e9sie.<\/p>\n<p>Que l&rsquo;on soit amateur de hip-hop, de rock, de pop music, de metal ou de dubstep, on ne peut rester insensible face aux vers de ces artistes. D&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre, ils parviennent, \u00e0 travers leurs textes, \u00e0 nous interpeller, \u00e0 nous faire rire, pleurer, \u00e0 nous d\u00e9tendre. L&rsquo;espace de quelques minutes, ils nous font oublier notre quotidien, nous offrent la possibilit\u00e9 de s&rsquo;\u00e9vader quelques instants, loin des innombrables tracas qui nous entourent.<\/p>\n<p>Il me serait difficile de donner leur enti\u00e8re discographie. j&rsquo;ai donc pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 faire une s\u00e9lection de leurs chansons me touchant le plus, en esp\u00e9rant que ces derni\u00e8res vous plairont autant qu&rsquo;\u00e0 moi.<\/p>\n<h3>La Lune est morte<\/h3>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"474\" height=\"267\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Om0-2CmAU_w?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Parmi les nombreuses comptines ayant berc\u00e9 mon enfance, je compte notamment \u00ab\u00a0Au Clair de la Lune\u00a0\u00bb.\u00a0A l&rsquo;\u00e9poque, pour une raison ou pour une autre, je supposais que celui demandant une plume \u00e0 son ami Pierrot cherchait \u00e0 \u00e9crire une lettre \u00e0 l&rsquo;astre lunaire pour lui d\u00e9clarer sa flamme.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre est-ce pour cela que cette chanson m&rsquo;\u00e9meut : parce que, dans cette logique-ci, la Lune est morte avant d&rsquo;avoir re\u00e7u la lettre, ou bien avant d&rsquo;\u00e9crire une quelconque r\u00e9ponse. Une bien belle histoire histoire d&rsquo;amour inachev\u00e9e.<\/p>\n<h3>Barbara<\/h3>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"474\" height=\"356\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/QdJPd3LajiU?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>M\u00e9lancolique, \u00e9crite un an apr\u00e8s la fin de la Seconde Guerre Mondiale, qui traite de l&rsquo;absurdit\u00e9 de la guerre, des ravages qu&rsquo;elle provoque mais aussi posant une juste question : l&rsquo;amour peut-il survivre \u00e0 la guerre ? L&rsquo;homme serrant Barbara contre son sein vit-il ? Ou bien a-t-il disparu sous une bombe ? Barbara, ou celle qui l&rsquo;inspira, a-t-elle pu entendre cette chanson ?<\/p>\n<p>Autant de questions initialement pos\u00e9es par Jacques Pr\u00e9vert restant sans r\u00e9ponses&#8230;<\/p>\n<h3>Monsieur William<\/h3>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"474\" height=\"356\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/efukIiigN9A?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>L&rsquo;histoire d&rsquo;un homme, pourtant bien sous tout rapports, qui se rend sur la Treizi\u00e8me Avenue afin d&rsquo;y rencontrer&#8230; Une prostitu\u00e9e. La Treizi\u00e8me Avenue, \u00e0 New-York, \u00e9tait sise sur les bords de l&rsquo;Hudson. Il n&rsquo;en reste plus grand-chose aujourd&rsquo;hui, si ce ne sont des parkings. Mais, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;histoire est suppos\u00e9e se d\u00e9rouler, il est \u00e0 penser qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un lieu bien mal fam\u00e9, o\u00f9 un employ\u00e9 mod\u00e8le, du nom de Monsieur William, rencontra son destin face \u00e0 un homme d\u00e9sirant la m\u00eame femme que lui.<\/p>\n<h3>L&rsquo;entrec\u00f4te<\/h3>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"474\" height=\"356\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/P-j3J0zq7Bs?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>L&rsquo;histoire, malheureusement aujourd&rsquo;hui toujours d&rsquo;actualit\u00e9, d&rsquo;une femme qui, afin de nourrir ses enfants, fait commerce de son corps.<\/p>\n<p>Au fil de la chanson, on passe du m\u00e9pris \u00e0 la piti\u00e9 pour cette femme qui, afin de permettre \u00e0 sa famille de vivre (relativement) dignement, s&rsquo;enfonce dans les tr\u00e9fonds de la d\u00e9bauche.\u00a0Un autre regard pos\u00e9 sur certaines de ces femmes de peines qui hantent toujours certaines de nos rues.<\/p>\n<h3>Le Poin\u00e7onneur des Lilas<\/h3>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"474\" height=\"267\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/uqnews4C0g8?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Je la trouve, en fait, tragi-comique. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, le rythme est enjou\u00e9, entra\u00eenant et dansant, mais de l&rsquo;autre, on nous conte l&rsquo;histoire d&rsquo;un pauvre employ\u00e9 de la RATP qui passe son temps \u00e0 perforer des tickets, inlassablement, ne parlant que pour indiquer les directions aux voyageurs, r\u00eavant d&rsquo;une autre vie, loin de ces tunnels ent\u00e9n\u00e9br\u00e9s, sombrant lentement dans la folie.<\/p>\n<h3>La queue du chat<\/h3>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"474\" height=\"356\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/c3K7_jG1IbE?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Changement de registre ! Ici l&rsquo;humour est \u00e0 l&rsquo;honneur.\u00a0J&rsquo;ai toujours tendance \u00e0 penser que l&rsquo;on en fait trop, au sujet du spiritisme, et \u00e9couter une chanson tourner cette pratique en ridicule m&rsquo;a toujours fait rire.<br \/>\nSurtout quand on y ajoute un chat des plus affectifs et un esprit fac\u00e9tieux&#8230;<\/p>\n<h3>Shah Shah Shah<\/h3>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"474\" height=\"356\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Ybr9mh1ftaI?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Difficile de d\u00e9terminer quel est le plus dr\u00f4le : l&rsquo;histoire en elle-m\u00eame, ou les fac\u00e9ties de Georges Bellec (justaucorps jaune). De plus, en creusant quelque peu, on peut lire entre les lignes une reprise de l&rsquo;histoire de Midas, ce roi grec qui obtint de Dionysos (ou Bacchus) le don de transformer en or tout ce qu&rsquo;il touchait. Ce qui provoqua son d\u00e9sespoir, tandis qu&rsquo;il changeait en statue dor\u00e9e sa fille, sa nourriture et son environnement.<br \/>\nIci, ce Shah ne peut avoir d&rsquo;eau car son royaume semble \u00eatre litt\u00e9ralement construit sur une nappe de p\u00e9trole. Ce qui provoque sa fortune est aussi ce qui fait son malheur. Mais d\u00e9clenche nos avalanches de rire.<\/p>\n<h3>Les catcheurs<\/h3>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"474\" height=\"356\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/yFcOo9MSyMM?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>On ne verra plus jamais le catch de la m\u00eame fa\u00e7on&#8230; Quoi que cette chanson \u00e9tant fort r\u00e9aliste, je doute que cela change r\u00e9ellement la situation.<\/p>\n<h3>Les Fesses<\/h3>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"474\" height=\"356\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/ljbq8Kg1Mic?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Un hymne aux formes callipyges, peu importent \u00e0 qui elles appartiennent. Et, dans une \u00e8re o\u00f9 les clips de pop-music se basent plus sur le rebond du fessier des danseuses que sur de v\u00e9ritables qualit\u00e9s musicales afin d&rsquo;atteindre et battre des records de vente, il est agr\u00e9able d&rsquo;entendre cette petite satire.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, les membres du quartet (et Pierre Philippe, le premier pianiste ayant accompagn\u00e9 le groupe) ne sont plus. J&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;ils se sont r\u00e9unis l\u00e0-haut, et qu&rsquo;ils s&rsquo;attellent \u00e0 mettre de l&rsquo;ambiance parmi les Anges.<\/p>\n<p>Merci \u00e0 vous, Fr\u00e8res Jacques, et adieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Antoine Barr\u00e9<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dimanche midi, je me balade sur Twitter (une fois n&rsquo;est pas coutume). Je vois une Tendance \u00ab\u00a0Fr\u00e8res Jacques\u00ab\u00a0. Intrigu\u00e9, et amateur de leurs nombreuses chansons et interpr\u00e9tations, je clique sur le lien, pour d\u00e9couvrir que Paul Tourenne, le dernier membre du groupe, s&rsquo;est \u00e9teint aujourd&rsquo;hui \u00e0 Montr\u00e9al. Je l&rsquo;avoue, je suis \u00e9mu. Une boule me &hellip; <a href=\"http:\/\/www.efj.press\/antoinebarre\/2016\/11\/20\/adieu-aux-freres-jacques\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Adieu aux Fr\u00e8res Jacques<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":77,"featured_media":573,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3,5],"tags":[10,11,13,12],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.efj.press\/antoinebarre\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/572"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.efj.press\/antoinebarre\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.efj.press\/antoinebarre\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.efj.press\/antoinebarre\/wp-json\/wp\/v2\/users\/77"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.efj.press\/antoinebarre\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=572"}],"version-history":[{"count":4,"href":"http:\/\/www.efj.press\/antoinebarre\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/572\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":581,"href":"http:\/\/www.efj.press\/antoinebarre\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/572\/revisions\/581"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.efj.press\/antoinebarre\/wp-json\/wp\/v2\/media\/573"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.efj.press\/antoinebarre\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=572"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.efj.press\/antoinebarre\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=572"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.efj.press\/antoinebarre\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=572"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}